Quels sont les droits de succession entre époux ?

[Mis à jour le 18/03/2026] La succession entre époux est un sujet crucial, surtout dans le cadre de la planification successorale et de la retraite, afin de garantir la protection du conjoint survivant. En France, des mesures sont mises en place pour alléger les charges qui pèsent sur le conjoint après le décès de son époux ou épouse. Cet article explore en détail l’exonération des droits de succession entre époux, la répartition des droits en fonction de la situation familiale, les options disponibles pour le conjoint survivant et les droits qui assurent sa protection après le décès.
Exonération des droits de succession pour le conjoint survivant
Une exonération fiscale totale depuis 2007
Depuis le 22 août 2007, le conjoint survivant bénéficie d’une exonération totale des droits de succession. Grâce à cette exonération, le conjoint survivant n’a pas à payer de droits de succession sur les biens hérités, qu’il s’agisse de biens immobiliers, de valeurs mobilières, ou d’autres types de patrimoine.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’exonération ?
Pour profiter de cette exonération fiscale, plusieurs conditions doivent être remplies par le conjoint survivant :
- L’exonération s’applique uniquement au conjoint légalement marié ou partenaire de pacs.
- Le conjoint survivant doit respecter les délais légaux pour déclarer la succession. Cela se fait généralement dans un délai de six mois après le décès en France métropolitaine, ou dans un délai d’un an pour les décès survenus à l’étranger ou dans les DOM-TOM.
- Le conjoint survivant devra fournir des documents justificatifs de son statut (acte de mariage ou livret de famille), ainsi que d’autres pièces demandées par l’administration fiscale.
Pourquoi cette exonération est-elle avantageuse ?
L’exonération des droits de succession est particulièrement avantageuse pour le conjoint survivant, car elle élimine une charge fiscale importante. Cette exonération permet de maintenir la stabilité financière du conjoint, en particulier lors de la retraite, où la perte de l’autre partenaire peut entraîner des ajustements économiques. Elle simplifie également les démarches de succession, en réduisant la complexité des calculs et des paiements associés aux droits de succession.
Répartition des droits de succession entre époux selon la situation familiale
En présence d’enfants issus du couple
Lorsque le défunt laisse derrière lui des enfants issus de l’union avec le conjoint survivant, la succession se répartit en fonction de l’option choisie par le conjoint survivant. Ce dernier peut décider de :
- Usufruit de la totalité de la succession : Le conjoint survivant peut choisir de bénéficier de l’usufruit sur l’ensemble des biens de la succession. Cela signifie qu’il pourra jouir des biens et percevoir les revenus qu’ils génèrent (par exemple, des loyers), mais il ne pourra ni les vendre ni les donner.
- Pleine propriété d’un quart de la succession : Le conjoint survivant peut également choisir d’obtenir la pleine propriété d’un quart des biens de la succession. Cela lui permet de disposer de cette part comme il le souhaite (vente, donation, etc.), tout en laissant le reste aux enfants.
En présence d’enfants d’une autre union
Lorsque le défunt laisse des enfants issus d’une autre union, la répartition des biens est modifiée. Le conjoint survivant hérite d’un quart de la succession en pleine propriété, et les enfants se partagent les trois quarts restants. Cette répartition tient compte des droits de chaque enfant, qu’il soit né de l’union actuelle ou d’une autre précédente.
En l’absence d’enfants : qui hérite ?
En l’absence d’enfants, la répartition des biens dépend de la présence d’autres héritiers :
- En l’absence de parents du défunt : Le conjoint survivant hérite de la totalité de la succession.
- En présence des parents du défunt : Si les parents du défunt sont vivants, chaque parent reçoit un quart de la succession, et le conjoint survivant hérite de la moitié restante. Si un seul parent est encore en vie, celui-ci reçoit un quart et le conjoint survivant hérite des trois quarts restants.
Succession entre époux : quelles options pour le conjoint survivant ?
Option légale par défaut
En l’absence d’une option particulière de la part du conjoint survivant, la répartition des biens suit l’option légale, qui dépend de la situation familiale. Cette répartition est décidée par la loi et prend en compte les héritiers du défunt, notamment les enfants issus du couple ou d’une autre union.
Option pour l’usufruit de la totalité de la succession
Le conjoint survivant peut choisir d’opter pour l’usufruit de la totalité de la succession. Cela lui permet de profiter des biens et de leurs revenus, mais il ne pourra pas les vendre ou les donner. L’usufruit se termine au décès du conjoint survivant, et la pleine propriété revient aux autres héritiers, souvent les enfants.
Option pour la pleine propriété d’une part de la succession
Le conjoint survivant peut aussi opter pour la pleine propriété d’une part de la succession. Selon la situation familiale, cela peut être un quart de la succession. Cette option lui permet de disposer librement de cette part (vente, donation, etc.).
Protection du conjoint survivant après le décès
Droit au logement du conjoint survivant
Le conjoint survivant bénéficie d’un droit spécifique au logement familial, afin d’assurer son hébergement après le décès de son époux ou épouse. Il existe deux types de droits au logement :
- Droit temporaire au logement : Pendant un an après le décès, le conjoint survivant peut occuper gratuitement le logement familial et utiliser le mobilier qui le garnit.
- Droit viager au logement : Si le conjoint survivant souhaite rester dans le logement au-delà de la période d’un an, il peut demander un droit viager au logement, qui lui permettra de vivre dans le logement jusqu’à son propre décès, même si celui-ci appartient à d’autres héritiers.
Droit d’usage et d’habitation sur les biens du défunt
En plus du droit au logement, le conjoint survivant peut bénéficier d’un droit d’usage et d’habitation sur d’autres biens de la succession, comme une maison ou un appartement. Ce droit lui permet d’utiliser ces biens pour ses besoins personnels pendant une durée déterminée ou jusqu’à son propre décès.
Succession entre époux : ce qu’il faut retenir
- La succession entre époux est régie par des règles précises offrant :
- Une exonération totale des droits de succession pour le conjoint survivant.
- Des options diverses pour la répartition des biens (usufruit, pleine propriété, etc.).
- Ces mesures sont conçues pour :
- Protéger financièrement le conjoint survivant.
- Faciliter le partage du patrimoine.
- Les protections dont bénéficie le conjoint survivant incluent :
- L’usufruit.
- La pleine propriété.
- Le droit au logement.
Voir notre ligne éditoriale ici.
Qu'est-ce que le droit de succession entre époux ?
Le droit de succession entre époux désigne les règles qui s'appliquent à la transmission du patrimoine d'un époux décédé à son conjoint survivant. Ces règles déterminent notamment la part du patrimoine que le conjoint survivant peut recevoir et les éventuels droits de succession à payer.
Le conjoint survivant doit-il payer des droits de succession ?
Non, depuis le 22 août 2007, le conjoint survivant (ainsi que le partenaire de PACS) est totalement exonéré des droits de succession. Cela signifie que le conjoint survivant n'a pas à payer de taxes sur la part de la succession qu'il reçoit.
Quelle est la part de la succession que le conjoint survivant peut recevoir ?
La part de la succession que le conjoint survivant peut recevoir dépend de la présence d'enfants ou d'autres héritiers : En présence d'enfants communs : le conjoint survivant peut choisir entre l'usufruit de la totalité de la succession ou la pleine propriété d'un quart. En présence d'enfants d'un autre lit : le conjoint survivant hérite d'un quart de la succession en pleine propriété. En l'absence d'enfants : le conjoint survivant hérite de la totalité de la succession, sauf si les parents du défunt sont encore vivants, auquel cas ils peuvent hériter d'une part.
Qu'est-ce que l'usufruit et la pleine propriété dans ce contexte ?
Usufruit : Le conjoint survivant a le droit d'utiliser les biens (par exemple, de vivre dans la maison) et d'en percevoir les revenus (par exemple, les loyers), mais n'en est pas le propriétaire. À son décès, les biens reviennent aux autres héritiers. Pleine propriété : Le conjoint survivant possède les biens et peut en disposer librement, par exemple les vendre ou les donner.
Quels sont les droits du conjoint survivant sur le logement familial ?
Le conjoint survivant a des droits spécifiques sur le logement familial : Droit temporaire au logement : Le conjoint survivant peut gratuitement occuper le logement principal et utiliser le mobilier qui le garnit pendant un an après le décès. Droit viager au logement : Si le conjoint survivant en fait la demande dans l'année qui suit le décès, il peut obtenir le droit d'occuper le logement jusqu'à son propre décès.
Comment s'assurer que le conjoint survivant soit bien protégé ?
Il est possible de prendre des mesures pour protéger le conjoint survivant, telles que : Rédiger un testament : Pour préciser les souhaits concernant la répartition des biens. Adopter le régime de la communauté universelle : Avec clause d’attribution intégrale, ce qui permet au conjoint survivant de recevoir la totalité du patrimoine. Souscrire une assurance-vie : Pour garantir des ressources financières au conjoint survivant.
Je vis en couple marié sous régime de la communauté; après le décès de mon époux, si je récupère la maison et qu’il y avait un compte épargne séparé, est-ce que tout est exonéré de droits ou y a-t-il des cas particuliers pour la succession entre époux ?
Bonjour Yoann, entre époux, la succession est en principe exonérée de droits de succession. En revanche, il faut bien distinguer ce qui relève de votre part dans la communauté et ce qui entre réellement dans la succession de votre conjoint, notamment pour un compte épargne séparé selon son origine et son statut. Des règles particulières peuvent aussi s’appliquer selon le régime matrimonial exact, l’existence d’enfants ou de dispositions prévues entre époux. Si vous voulez faire le point plus précisément, vous pouvez préparer votre retraite sur notre site.
Je suis mariée sous le régime de la communauté et, en ce moment, mon conjoint décède avant la succession : est-ce que tout passe sans droits, ou faut-il payer quelque chose si on n’a pas de testament ?
Bonjour, en France, le conjoint survivant est en principe exonéré de droits de succession, même en l’absence de testament. En revanche, tout ne “passe” pas automatiquement de la même façon : le régime matrimonial permet d’abord de déterminer ce qui appartient déjà au conjoint survivant, puis la succession porte sur la part du défunt. Sans testament et en présence d’enfants, les droits du conjoint sur la succession peuvent varier selon la situation familiale. Si vous souhaitez vérifier ce qui revient exactement au conjoint survivant, il peut être utile de préparer votre retraite ou de vous faire accompagner pour vos démarches.