Oui, un licenciement pour absence injustifiée ouvre droit au chômage. Dès lors que c’est votre employeur qui prend la décision de rompre le contrat – même pour ce motif -, France Travail considère qu’il s’agit d’une privation involontaire d’emploi. Vous êtes donc éligible à l’ARE, à condition de remplir les critères habituels d’affiliation.
Depuis la loi du 21 décembre 2022, entrée en vigueur avec le décret d’application du 17 avril 2023, les règles autour de l’abandon de poste ont profondément évolué. Avant cette réforme, un salarié qui abandonnait son poste attendait généralement d’être licencié pour pouvoir accéder au chômage.
Mais depuis 2023, l’abandon de poste est présumé être une démission si le salarié ne reprend pas le travail après une mise en demeure de l’employeur. Cette présomption de démission prive le salarié de ses droits au chômage, sauf s’il justifie d’un motif légitime ou conteste la qualification devant les prud’hommes.
Oui, si l’employeur choisit la voie du licenciement pour faute grave plutôt que celle de la présomption de démission, un abandon de poste peut ouvrir droit au chômage. Dans ce cas, le contrat est rompu à l’initiative de l’employeur, et le salarié conserve ses droits à l’ARE. L’employeur n’a pas l’obligation d’utiliser la procédure de présomption de démission : c’est une faculté, pas une obligation.
En 2026, certains employeurs préfèrent encore licencier le salarié pour faute grave plutôt que d’engager la procédure de présomption de démission, notamment pour des raisons de gestion administrative ou de précaution juridique.
On parle d’absence injustifiée lorsqu’un salarié ne se présente pas à son poste sans fournir de justificatif valable à son employeur (arrêt maladie, autorisation d’absence, etc.). L’absence injustifiée peut être ponctuelle ou répétée.
L’abandon de poste désigne une situation plus radicale : le salarié cesse complètement de se présenter au travail, sans en informer l’employeur, et ne donne plus signe de vie. L’employeur peut alors engager une procédure de licenciement pour faute grave, ou depuis 2023, la procédure de présomption de démission.
La distinction entre absence injustifiée et abandon de poste est importante sur le plan juridique. Une absence ponctuelle non justifiée peut donner lieu à un avertissement ou un licenciement pour faute. Un abandon de poste prolongé peut, depuis 2023, être requalifié en démission présumée et priver le salarié du chômage.
Si votre employeur engage une procédure de licenciement pour absence injustifiée (faute grave), le délai avant de toucher le chômage dépend de la durée de la procédure de licenciement et des délais de carence applicables ensuite.
La procédure de licenciement comporte un entretien préalable et un délai de notification. En pratique, elle dure entre 2 et 6 semaines selon la diligence de l’employeur. Une fois le licenciement notifié, vous pouvez vous inscrire à France Travail. Un délai de carence de 7 jours s’applique systématiquement avant le premier versement.
Si votre absence a généré une indemnité compensatrice de congés payés, un différé spécifique peut s’ajouter, plafonné à 30 jours calendaires.
En cas de présomption de démission (abandon de poste non justifié après mise en demeure), le délai est différent : la démission est acquise à l’issue des 15 jours de mise en demeure. Sans droits au chômage, il n’y a pas de délai d’indemnisation à attendre puisque l’ARE n’est pas due.
Si vous êtes licencié pour absence injustifiée ou abandon de poste (faute grave), le montant de votre ARE est calculé exactement comme pour tout autre licenciement. La gravité de la faute n’a aucune incidence sur le calcul de l’allocation.
Le calcul repose sur votre Salaire Journalier de Référence (SJR), établi à partir de vos rémunérations brutes sur la période de référence (24 derniers mois si vous avez moins de 53 ans). France Travail retient le montant le plus élevé entre deux formules :
Le plancher est fixé à 31,59 € par jour en 2026. Cela signifie que vous ne pouvez pas percevoir moins.
Elle retient 38,44 € par jour, soit environ 1 153 € brut par mois. Après CSG/CRDS (6,7 %), elle touchera environ 1 076 € net de chômage.
Un licenciement pour absence injustifiée est généralement prononcé pour faute grave. Cela a des conséquences directes sur les indemnités versées par votre employeur à la sortie du contrat.
Vous avez droit au paiement des congés payés acquis et non pris, quelle que soit la gravité de la faute invoquée. Ce droit est préservé même en cas de faute grave.
En cas de licenciement pour faute grave, vous ne percevez aucune indemnité légale de licenciement. Cette indemnité est réservée aux licenciements prononcés sans faute grave ou lourde.
La faute grave dispense l’employeur d’exécuter ou de payer le préavis. La rupture du contrat est immédiate.
La situation est différente en intérim. En cas de mission d’intérim, vous êtes lié par un contrat à durée déterminée avec l’agence d’intérim (ETT). Si vous abandonnez votre mission avant son terme, l’agence peut rompre le contrat pour faute grave.
Dans ce cas, vos droits au chômage restent ouverts si vous remplissez les conditions d’affiliation. C’est toujours l’agence qui rompt le contrat, pas vous. En revanche, vous ne percevez pas l’indemnité de fin de mission (IFM), normalement égale à 10 % de la rémunération brute totale, car elle est exclue en cas de faute grave.
La procédure de présomption de démission introduite en 2023 ne s’applique pas aux contrats d’intérim. Elle concerne uniquement les CDI. Un intérimaire qui abandonne sa mission ne peut donc pas être présumé démissionnaire au sens de la nouvelle loi.
Là aussi les règles sont spécifiques. La procédure de présomption de démission introduite par la loi de 2022 ne concerne que les salariés en CDI. Un salarié en CDD qui abandonne son poste ne peut pas être présumé démissionnaire à ce titre.
En revanche, un abandon de poste en CDD peut entraîner une rupture anticipée du contrat pour faute grave. Dans ce cas, vous perdez l’indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute) mais vous conservez vos droits à l’ARE si vous remplissez les conditions d’affiliation.
Si vous avez été licencié pour absence injustifiée ou abandon de poste, la démarche pour obtenir l’ARE est la même que pour tout licenciement. Voici les étapes à suivre :
Même en cas de démission présumée, certaines situations peuvent être reconnues comme légitimes et ouvrir droit au chômage. Il s’agit notamment des cas où l’abandon de poste fait suite à :
Dans ces situations, le salarié peut contester la qualification de démission présumée devant le Conseil de Prud’hommes et demander la requalification en licenciement. Si la requalification est obtenue, les droits au chômage sont rétablis.
Depuis avril 2023, l’abandon de poste est présumé être une démission lorsque la procédure suivante est respectée : l’employeur envoie une mise en demeure de reprendre le travail par lettre recommandée ou remise en main propre. Le salarié dispose alors d’un délai minimum de 15 jours calendaires pour reprendre son poste ou justifier son absence. S’il ne répond pas dans ce délai, il est présumé avoir démissionné.
Une démission, présumée ou non, ne donne pas droit à l’ARE. C’est l’un des rares cas où un salarié qui quitte son emploi ne peut pas prétendre au chômage, sauf à justifier d’une démission légitime reconnue par France Travail.
En France, tous les licenciements ouvrent droit au chômage, y compris pour faute grave ou absence injustifiée, dès lors que les conditions d’affiliation sont remplies. Ce qui ne donne pas droit au chômage, c’est la démission (sauf cas légitimes) et, depuis 2023, l’abandon de poste qualifié de démission présumée après mise en demeure de l’employeur restée sans réponse.
L’employeur doit respecter la procédure de licenciement classique : convocation à un entretien préalable, tenue de l’entretien, puis notification du licenciement par lettre recommandée avec un délai minimum de 2 jours ouvrés entre les deux. Le motif invoqué est généralement la faute grave, ce qui implique une rupture immédiate du contrat, sans préavis ni indemnité de licenciement.
Oui. Un licenciement pour absence injustifiée, prononcé par l’employeur pour faute grave, ouvre droit à l’ARE en 2026, à condition d’avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois et de remplir les autres critères d’éligibilité de France Travail. Le montant de l’ARE est calculé selon les mêmes règles que pour tout autre licenciement.
Si le licenciement pour absence injustifiée est prononcé pour faute grave, il n’y a pas d’indemnité de licenciement ni d’indemnité compensatrice de préavis. Seule l’indemnité compensatrice de congés payés reste due pour les jours acquis et non pris. Si le licenciement est prononcé sans invoquer la faute grave (ce qui est rare), les indemnités légales s’appliquent normalement.
Oui, à condition que l’employeur ait bien prononcé un licenciement et non engagé la procédure de présomption de démission. Dans ce dernier cas, le salarié est considéré comme démissionnaire et perd ses droits à l’ARE.
Les sanctions possibles vont de l’avertissement au licenciement pour faute grave, selon la fréquence et la durée des absences. Pour une absence ponctuelle et non répétée, l’employeur peut se limiter à un avertissement ou une mise à pied disciplinaire. En cas d’absences répétées ou prolongées, le licenciement pour faute grave est la sanction la plus fréquemment prononcée.