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Licenciement pour absence injustifiée droit au chômage

Article rédigé par Camille Jouanne le 23 avril 2026 - 11 minutes de lecture

Vous avez quitté votre poste sans prévenir, ou votre employeur vous reproche une absence non justifiée, et vous vous demandez si vous pouvez encore toucher le chômage ? Les conditions d’accès au chômage après un licenciement sont strictes, et depuis la loi de 2023 sur l’abandon de poste, les règles ont changé. On vous explique si un licenciement pour absence injustifiée peut donner droit au chômage, et sous quelles conditions.

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Licenciement pour absence injustifiée : quels sont vos droits au chômage ?

Le licenciement pour absence injustifiée donne-t-il droit au chômage ?

Oui, un licenciement pour absence injustifiée ouvre droit au chômage. Dès lors que c’est votre employeur qui prend la décision de rompre le contrat – même pour ce motif -, France Travail considère qu’il s’agit d’une privation involontaire d’emploi. Vous êtes donc éligible à l’ARE, à condition de remplir les critères habituels d’affiliation.

Attention
La situation est différente si votre absence est qualifiée d’abandon de poste assimilé à une démission. Dans ce cas, vous perdez vos droits au chômage, sauf exceptions.

Abandon de poste nouvelle loi : qu’est-ce qui a changé ?

Depuis la loi du 21 décembre 2022, entrée en vigueur avec le décret d’application du 17 avril 2023, les règles autour de l’abandon de poste ont profondément évolué. Avant cette réforme, un salarié qui abandonnait son poste attendait généralement d’être licencié pour pouvoir accéder au chômage.

Mais depuis 2023, l’abandon de poste est présumé être une démission si le salarié ne reprend pas le travail après une mise en demeure de l’employeur. Cette présomption de démission prive le salarié de ses droits au chômage, sauf s’il justifie d’un motif légitime ou conteste la qualification devant les prud’hommes.

Important
Si votre employeur choisit de vous licencier pour absence injustifiée plutôt que d’engager la procédure de présomption de démission, vous conservez vos droits au chômage.

L’abandon de poste peut-il être un motif de licenciement donnant droit au chômage ?

Oui, si l’employeur choisit la voie du licenciement pour faute grave plutôt que celle de la présomption de démission, un abandon de poste peut ouvrir droit au chômage. Dans ce cas, le contrat est rompu à l’initiative de l’employeur, et le salarié conserve ses droits à l’ARE. L’employeur n’a pas l’obligation d’utiliser la procédure de présomption de démission : c’est une faculté, pas une obligation.

En 2026, certains employeurs préfèrent encore licencier le salarié pour faute grave plutôt que d’engager la procédure de présomption de démission, notamment pour des raisons de gestion administrative ou de précaution juridique.

Rappel : qu’est-ce qu’une absence injustifiée ou un abandon de poste ?

On parle d’absence injustifiée lorsqu’un salarié ne se présente pas à son poste sans fournir de justificatif valable à son employeur (arrêt maladie, autorisation d’absence, etc.). L’absence injustifiée peut être ponctuelle ou répétée.

L’abandon de poste désigne une situation plus radicale : le salarié cesse complètement de se présenter au travail, sans en informer l’employeur, et ne donne plus signe de vie. L’employeur peut alors engager une procédure de licenciement pour faute grave, ou depuis 2023, la procédure de présomption de démission.

La distinction entre absence injustifiée et abandon de poste est importante sur le plan juridique. Une absence ponctuelle non justifiée peut donner lieu à un avertissement ou un licenciement pour faute. Un abandon de poste prolongé peut, depuis 2023, être requalifié en démission présumée et priver le salarié du chômage.

Absence injustifiée : chômage au bout de combien de temps ?

Si votre employeur engage une procédure de licenciement pour absence injustifiée (faute grave), le délai avant de toucher le chômage dépend de la durée de la procédure de licenciement et des délais de carence applicables ensuite.

La procédure de licenciement comporte un entretien préalable et un délai de notification. En pratique, elle dure entre 2 et 6 semaines selon la diligence de l’employeur. Une fois le licenciement notifié, vous pouvez vous inscrire à France Travail. Un délai de carence de 7 jours s’applique systématiquement avant le premier versement.

Si votre absence a généré une indemnité compensatrice de congés payés, un différé spécifique peut s’ajouter, plafonné à 30 jours calendaires.

En cas de présomption de démission (abandon de poste non justifié après mise en demeure), le délai est différent : la démission est acquise à l’issue des 15 jours de mise en demeure. Sans droits au chômage, il n’y a pas de délai d’indemnisation à attendre puisque l’ARE n’est pas due.

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Montant du chômage après un licenciement pour abandon de poste

Si vous êtes licencié pour absence injustifiée ou abandon de poste (faute grave), le montant de votre ARE est calculé exactement comme pour tout autre licenciement. La gravité de la faute n’a aucune incidence sur le calcul de l’allocation.

Le calcul repose sur votre Salaire Journalier de Référence (SJR), établi à partir de vos rémunérations brutes sur la période de référence (24 derniers mois si vous avez moins de 53 ans). France Travail retient le montant le plus élevé entre deux formules :

  • 40,4 % du SJR + 13,18 €,
  • ou 57 % du SJR.

Le plancher est fixé à 31,59 € par jour en 2026. Cela signifie que vous ne pouvez pas percevoir moins.

Exemple
Laura, 29 ans, était employée de commerce à 1 900 € brut par mois. Elle a travaillé 18 mois (547 jours). Son SJR est de (1 900 x 18) / 547 = 62,52 €.
  • Formule A : (62,52 x 40,4 %) + 13,18 = 38,44 €.
  • Formule B : 62,52 x 57 % = 35,64 €.

Elle retient 38,44 € par jour, soit environ 1 153 € brut par mois. Après CSG/CRDS (6,7 %), elle touchera environ 1 076 € net de chômage.

Licenciement absence injustifiée et indemnités : à quoi avez-vous droit ?

Un licenciement pour absence injustifiée est généralement prononcé pour faute grave. Cela a des conséquences directes sur les indemnités versées par votre employeur à la sortie du contrat.

Indemnité compensatrice de préavis : droit possible

Vous avez droit au paiement des congés payés acquis et non pris, quelle que soit la gravité de la faute invoquée. Ce droit est préservé même en cas de faute grave.

Indemnité de licenciement : pas de droit

En cas de licenciement pour faute grave, vous ne percevez aucune indemnité légale de licenciement. Cette indemnité est réservée aux licenciements prononcés sans faute grave ou lourde.

Indemnité compensatrice de préavis : pas de droit

La faute grave dispense l’employeur d’exécuter ou de payer le préavis. La rupture du contrat est immédiate.

Abandon de poste et chômage : les cas particuliers

Abandon de poste intérim et droit au chômage

La situation est différente en intérim. En cas de mission d’intérim, vous êtes lié par un contrat à durée déterminée avec l’agence d’intérim (ETT). Si vous abandonnez votre mission avant son terme, l’agence peut rompre le contrat pour faute grave.

Dans ce cas, vos droits au chômage restent ouverts si vous remplissez les conditions d’affiliation. C’est toujours l’agence qui rompt le contrat, pas vous. En revanche, vous ne percevez pas l’indemnité de fin de mission (IFM), normalement égale à 10 % de la rémunération brute totale, car elle est exclue en cas de faute grave.

La procédure de présomption de démission introduite en 2023 ne s’applique pas aux contrats d’intérim. Elle concerne uniquement les CDI. Un intérimaire qui abandonne sa mission ne peut donc pas être présumé démissionnaire au sens de la nouvelle loi.

Abandon de poste CDD et droit au chômage

Là aussi les règles sont spécifiques. La procédure de présomption de démission introduite par la loi de 2022 ne concerne que les salariés en CDI. Un salarié en CDD qui abandonne son poste ne peut pas être présumé démissionnaire à ce titre.

En revanche, un abandon de poste en CDD peut entraîner une rupture anticipée du contrat pour faute grave. Dans ce cas, vous perdez l’indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute) mais vous conservez vos droits à l’ARE si vous remplissez les conditions d’affiliation.

Important
Si vous êtes en CDD et que vous souhaitez quitter votre poste avant le terme du contrat, l’abandon de poste n’est jamais la meilleure solution. Une rupture anticipée d’un commun accord ou pour faute de l’employeur vous protège mieux et peut préserver vos droits à l’indemnité de fin de contrat.

Comment demander le chômage après un licenciement pour absence injustifiée ?

Si vous avez été licencié pour absence injustifiée ou abandon de poste, la démarche pour obtenir l’ARE est la même que pour tout licenciement. Voici les étapes à suivre :

  1. Étape 1 : récupérez vos documents de fin de contrat. À la date de rupture de votre contrat, votre employeur doit vous remettre votre attestation employeur (ou attestation France Travail), votre certificat de travail et votre reçu pour solde de tout compte. Ces documents sont indispensables pour votre dossier.
  2. Étape 2 : inscrivez-vous à France Travail. Faites-le dès que possible après la fin de votre contrat, idéalement dans les jours qui suivent. Vous disposez de 12 mois pour vous inscrire, mais chaque jour de retard repousse le début de votre indemnisation. L’inscription se fait en ligne sur le site de France Travail.
  3. Étape 3 : déposez votre demande d’ARE. Après votre inscription, France Travail vous demandera de transmettre votre attestation employeur et de compléter votre dossier en ligne. Le motif de rupture mentionné sur l’attestation (licenciement pour faute grave) permettra à France Travail de vérifier votre éligibilité et de calculer vos droits.

Abandon de poste : dans quel cas c’est légitime ou non ?

Dans quel cas un abandon de poste est considéré comme légitime ?

Même en cas de démission présumée, certaines situations peuvent être reconnues comme légitimes et ouvrir droit au chômage. Il s’agit notamment des cas où l’abandon de poste fait suite à :

  • Des conditions de travail dangereuses pour la santé ou la sécurité du salarié
  • Un manquement grave de l’employeur à ses obligations (non-paiement du salaire, harcèlement moral ou sexuel)
  • Un état de santé incompatible avec le maintien au poste, dument justifié

Dans ces situations, le salarié peut contester la qualification de démission présumée devant le Conseil de Prud’hommes et demander la requalification en licenciement. Si la requalification est obtenue, les droits au chômage sont rétablis.

Dans quel cas un abandon de poste est assimilé à une démission ?

Depuis avril 2023, l’abandon de poste est présumé être une démission lorsque la procédure suivante est respectée : l’employeur envoie une mise en demeure de reprendre le travail par lettre recommandée ou remise en main propre. Le salarié dispose alors d’un délai minimum de 15 jours calendaires pour reprendre son poste ou justifier son absence. S’il ne répond pas dans ce délai, il est présumé avoir démissionné.

Une démission, présumée ou non, ne donne pas droit à l’ARE. C’est l’un des rares cas où un salarié qui quitte son emploi ne peut pas prétendre au chômage, sauf à justifier d’une démission légitime reconnue par France Travail.

En résumé :
  • Un licenciement pour absence injustifiée ouvre droit au chômage dès lors que c’est l’employeur qui rompt le contrat.
  • Depuis 2023, un abandon de poste non justifié après mise en demeure peut être qualifié de démission présumée et priver le salarié de l’ARE.
  • Le montant de l’ARE est calculé sur les mêmes bases que pour tout autre licenciement, indépendamment du motif de faute.
  • En cas de faute grave, vous ne percevez ni indemnité de licenciement ni indemnité de préavis, mais vos congés payés acquis vous sont dus.
  • La procédure de présomption de démission ne s’applique pas aux CDD ni aux contrats d’intérim.
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