Vous aidez un proche en perte d’autonomie et vous vous demandez comment préserver vos droits à la retraite ? L’assurance vieillesse des aidants (AVA) permet de valider des trimestres lorsque l’on interrompt ou réduit son activité professionnelle pour aider un proche. Découvrez comment fonctionne l’AVA si vous êtes aidant familial, les conditions pour en bénéficier et les montants appliqués en 2026.
L’AVA est un dispositif de protection sociale créé par la réforme des retraites d’avril 2023. Il permet à un aidant d’obtenir des trimestres de retraite sans payer de cotisations lorsqu’il suspend ou réduit son activité pour accompagner une personne en situation de handicap ou en perte d’autonomie.
Il est possible de valider jusqu’à 4 trimestres par an. Des situations particulières ouvrent droit à des trimestres supplémentaires, par exemple pour les parents d’enfants handicapés ayant un taux d’incapacité ≥80 %, qui peuvent obtenir une majoration de durée d’assurance de 1 trimestre tous les 30 mois.
Les cotisations sont prises en charge par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA) sur la base d’une assiette forfaitaire, et non sur votre salaire réel. L’objectif est de ne pas pénaliser votre pension future, notamment en évitant une décote et en permettant une retraite anticipée à taux plein.
Le dispositif est ouvert à tous les aidants, y compris sans lien de parenté et sans cohabitation avec la personne aidée. Pour être affilié à l’AVA, il faut aider une personne à titre non professionnel, de manière régulière et fréquente, et exercer à temps partiel ou être sans activité. Les situations concernées sont :
Pour les parents d’enfants handicapés, il n’y a aucun plafond de ressources.
En revanche, pour les aidants d’adultes, vos ressources professionnelles de l’année d’affiliation doivent être inférieures ou égales à 63 % du plafond annuel de la sécurité sociale. En 2026, ce plafond est fixé à 48 060 € par an, soit un seuil de 30 277,80 € annuels (2 523,15 € par mois) pour être éligible. Ce plafond s’applique à vos revenus professionnels.
Vous pouvez demander l’AVA si vous accompagnez un proche adulte handicapé ou une personne âgée classée en GIR 1 à 4 au titre de l’APA. Vous devez être sans emploi ou à temps partiel, et vos revenus doivent être inférieurs au plafond indiqué ci-dessus. La CDAPH ou le conseil départemental doit reconnaitre la nécessité de votre aide.
L’affiliation se fait auprès de la CAF ou de la MSA en fournissant une attestation d’APA ou de handicap ainsi que vos justificatifs de ressources.
Le congé de proche aidant permet de s’absenter de son travail jusqu’à 66 jours pour accompagner un proche en perte d’autonomie. En 2026, l’AJPA (allocation journalière de proche aidant) indemnise 66,64 € par jour.
Si vous percevez l’AJPA ou l’AJPP, l’affiliation à l’AVA est automatique : vous n’avez aucune démarche à effectuer. Les cotisations sont versées par la CAF/MSA sur une assiette proportionnelle au nombre de jours indemnisés (demi-journée). Vous validez 1 trimestre au bout de 45 jours indemnisés.
Les parents d’un enfant handicapé de moins de 20 ans (taux d’incapacité ≥80 % ou entre 50 % et 79 % avec complément AEEH/PCH) peuvent bénéficier de l’AVA sans condition de ressources. L’affiliation est le plus souvent automatique ; vous devez toutefois vérifier que la CDAPH a bien noté la nécessité de votre présence.
L’AVA permet de valider jusqu’à 4 trimestres par an et peut se cumuler avec la majoration d’assurance d’un trimestre tous les 30 mois de cohabitation.
L’AVA ne vous verse pas d’argent ; elle prend en charge vos cotisations vieillesse sur une assiette forfaitaire. Cette assiette varie selon votre situation et peut être revalorisée en fonction du SMIC. En 2026, les bases de calcul sont les suivantes :
| Situation | Assiette de cotisation | Montant mensuel approximatif en 2026 |
| Parent d’un enfant en situation de handicap | 169 fois le SMIC horaire | Environ 2 031 € |
| Aidant d’un adulte handicapé ou d’une personne âgée (GIR 1 à 4) | SMIC temps plein | Environ 1 867 € |
| Bénéficiaire du congé proche aidant (AJPA) | 0,5 × (1/22) du SMIC par demi-journée | Assiette proportionnelle aux jours indemnisés |
Sur ces assiettes, la CAF/MSA applique le taux de cotisation de 17,96 % (part salariale et patronale cumulée). Ces cotisations sont prises en charge par la CAF ou la MSA : vous n’avez donc rien à payer.
Dans certaines situations, la CAF ou la MSA vous affilie automatiquement à l’AVA : si vous percevez l’AJPA, l’AJPP ou si vous êtes parent d’un enfant handicapé avec un taux d’incapacité reconnu ≥80 %. Vous n’avez alors aucune formalité à accomplir. La caisse effectue les démarches et verse les cotisations au régime général de retraite.
Si vous n’êtes pas affilié automatiquement, vous devez faire une demande directement. Deux voies possibles :
L’AVA est un dispositif qui permet aux aidants de valider des trimestres de retraite lorsqu’ils interrompent ou réduisent leur activité pour aider un proche. Les cotisations sont prises en charge par la CAF ou la MSA, sans que l’aidant n’ait à payer. L’objectif est de maintenir vos droits à la retraite et d’éviter une décote.
L’AVA ne verse pas d’allocation. Les cotisations sont calculées sur une assiette forfaitaire : 169 fois le SMIC horaire, soit 2 080,39 € par mois au 1er juin 2026, pour les parents d’enfants handicapés, et 1 867,02 € par mois pour les aidants d’adultes. La CAF/MSA paye les cotisations à votre place.
Pour obtenir l’allocation journalière de proche aidant (AJPA), vous devez prendre un congé pour aider un proche avec un taux d’incapacité ≥80 % ou classé en GIR 1 à 4. Vous devez être salarié ou demandeur d’emploi et justifier de votre lien ou de votre relation stable avec la personne aidée. L’AJPA est versée pendant 66 jours maximum par proche.
Non. L’AVA ne garantit pas le versement d’une pension. Elle permet de valider des trimestres pour améliorer le montant futur de votre pension, mais le calcul final dépendra de l’ensemble de votre carrière.
La réforme des retraites de 2023 a créé l’AVA pour unifier les dispositifs existants et élargir les droits des aidants. Elle supprime l’exigence de lien familial ou de cohabitation et ouvre l’affiliation à tous les proches aidants, y compris dans le cadre du congé de proche aidant.
Oui. Grâce à l’AVA, les aidants peuvent valider des trimestres sans cotiser. Les cotisations sont versées par la CAF/MSA sur une assiette forfaitaire. Sans l’AVA, l’aidant perdrait des trimestres et risquerait une décote sur sa pension.