De manière générale, le chômage après un licenciement est possible. Mais qu’en est-il après une rupture de votre contrat pour motif économique ? Êtes-vous éligible ? Mes Allocs vous explique sous quelles conditions vous pouvez demander le chômage après un licenciement économique.
Après un licenciement économique, vous pouvez percevoir le chômage. Deux dispositifs d’indemnisation peuvent alors vous être proposés : l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE) et l’Allocation de Sécurisation Professionnelle (ASP). Ce n’est pas vous qui choisissez librement entre les deux : tout dépend de la proposition que vous fait votre employeur.
L’ARE est l’allocation chômage classique, versée par France Travail. Elle concerne les salariés licenciés pour motif économique qui n’acceptent pas le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) ou qui n’y sont pas éligibles.
L’ASP, quant à elle, est l’allocation versée aux salariés qui acceptent le CSP. Elle est généralement plus avantageuse que l’ARE, notamment en termes de montant et d’accès à la formation.
Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est un dispositif spécifique au licenciement économique. Votre employeur a l’obligation de vous le proposer si l’entreprise compte moins de 1 000 salariés ou si elle est en redressement ou liquidation judiciaire, quelle que soit sa taille.
En acceptant le CSP, vous bénéficiez d’un accompagnement renforcé vers l’emploi, de formations, et surtout de l’ASP pendant 12 mois maximum. Votre contrat de travail prend fin immédiatement et vous entrez dans le dispositif CSP dès le lendemain.
Vous avez 21 jours calendaires pour accepter ou refuser le CSP à partir de la remise du document. Passé ce délai, l’absence de réponse vaut refus.
Un licenciement économique est considéré par France Travail comme une privation involontaire d’emploi. Vous avez donc en principe droit à l’ARE ou à l’ASP, à condition de remplir les critères suivants :
Si vous acceptez le CSP, vous percevez l’ASP. Son montant est calculé à partir de votre Salaire Journalier de Référence (SJR), comme pour l’ARE, mais avec un taux plus avantageux.
Le SJR se calcule ainsi : total de vos rémunérations brutes sur la période de référence ÷ nombre de jours calendaires de cette période.
Le montant journalier de l’ASP est égal à 75 % de votre SJR brut si vous justifiez d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise. Si vous avez moins d’un an d’ancienneté, le taux est celui de l’ARE classique (voir ci-dessous).
Le montant brut journalier de l’ASP ne peut pas être inférieur à 31,59 € par jour (plancher 2026) ni excéder 75 % du SJR.
Si vous refusez le CSP ou si vous n’y êtes pas éligible, vous percevez l’ARE classique. Le calcul repose également sur le SJR, mais avec des formules différentes.
SJR = total des rémunérations brutes sur la période de référence ÷ nombre de jours calendaires de la période de référence.
C’est l’allocation journalière brute retenue. Pour obtenir votre ARE mensuelle brute, multipliez ce résultat par 30.
Vous ne percevez pas vos allocations dès le lendemain de votre inscription à France Travail. Plusieurs délais s’appliquent :
Oui, un maintien de salaire pendant 12 mois est possible en cas d’acceptation du CSP, mais il ne s’agit pas d’un maintien intégral de votre salaire net. Concrètement, si vous avez au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise et que vous acceptez le CSP, vous percevez l’ASP à hauteur de 75 % de votre salaire journalier de référence brut pendant 12 mois. C’est nettement supérieur au taux de l’ARE classique (57 % du SJR en moyenne).
En plus des allocations chômage, un licenciement économique ouvre droit à plusieurs indemnités versées directement par votre employeur. Voici ce à quoi vous pouvez prétendre.
Elle est due dès lors que vous justifiez d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue dans l’entreprise. Le montant légal en 2026 est de : ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis ⅓ de mois de salaire par année au-delà. Votre convention collective peut prévoir un montant plus favorable.
Si votre employeur vous dispense d’effectuer votre préavis, il doit vous verser une indemnité compensatrice de préavis équivalente à la rémunération que vous auriez perçue pendant cette période. Sa durée dépend de votre ancienneté et de votre convention collective. Attention : si vous acceptez le CSP, votre contrat prend fin immédiatement et votre employeur verse à France Travail une contribution équivalente à 3 mois de salaire brut au titre du préavis.
Vous avez droit au paiement de tous les congés acquis et non pris au moment de la rupture du contrat. Cette indemnité est calculée sur la base de 1/10e de la rémunération totale perçue pendant la période de référence, ou sur la base du salaire qu’aurait perçu le salarié s’il avait pris ses congés, la formule la plus avantageuse étant retenue.
Le montant dépend de votre salaire antérieur. En cas d’ARE classique, l’allocation est calculée à partir de 57 % du SJR ou de 40,4 % du SJR + 13,18 € (le plus élevé des deux). En cas d’ASP (CSP accepté), le montant est de 75 % du SJR si vous avez plus d’un an d’ancienneté. Le montant minimum garanti est de 31,59 € par jour en 2026.
En cas de licenciement économique, vous avez droit à l’ARE ou à l’ASP (si vous acceptez le CSP), à une indemnité légale de licenciement (dès 8 mois d’ancienneté), à une indemnité compensatrice de préavis si vous ne l’effectuez pas, et au paiement de vos congés payés non pris. Vous bénéficiez également d’une priorité de réembauche pendant 1 an.
Pour un salaire de 3 000 € brut mensuel, le SJR est d’environ 98,63 €. L’ARE journalière brute serait d’environ 56,22 € (57 % du SJR), soit environ 1 686 € brut par mois, et environ 1 573 € net après prélèvements sociaux (hors impôt sur le revenu). Avec le CSP (ASP à 75 %), le montant brut mensuel serait d’environ 2 219 €.
En France, tous les types de licenciement ouvrent droit au chômage, y compris le licenciement pour faute grave ou lourde. Ce qui peut empêcher d’ouvrir des droits, c’est le fait de ne pas remplir la condition d’affiliation minimale (6 mois de travail sur les 24 derniers mois). En revanche, une démission simple ne donne pas droit au chômage, sauf exceptions (démission légitime).
Le licenciement économique est généralement le plus avantageux pour le salarié, car il ouvre droit à l’ensemble des indemnités (licenciement, préavis, congés payés) et au dispositif CSP avec une ASP majorée à 75 % du SJR. La rupture conventionnelle est également avantageuse (indemnités + ARE), mais ne donne pas accès au CSP.
Un salaire net de 1 600 € correspond approximativement à 2 000 € brut. Le SJR serait d’environ 65,75 €. L’ARE journalière brute serait d’environ 39,85 € (formule B : 57 %), soit environ 1 195 € brut par mois. Avec le CSP et plus d’un an d’ancienneté, l’ASP serait d’environ 1 480 € brut mensuel. Ces montants sont des estimations : votre situation réelle peut différer.