La hausse du prix des carburants impacte fortement les agents publics qui utilisent leur véhicule personnel pour travailler. Depuis le 1er juin 2026, le barème des indemnités kilométriques a été revalorisé de 3,2 % afin d’alléger cette charge. Mes Allocs vous explique quel est le nouveau barème des indemnités kilométriques pour la fonction publique, et à combien s’élève la majoration temporaire.
L’indemnité kilométrique est une somme versée par l’employeur public afin de rembourser un agent qui se déplace avec son propre véhicule dans le cadre du service. Elle couvre partiellement le carburant et l’usure du véhicule, mais ne constitue pas une rémunération. Les trajets domicile‑travail n’ouvrent pas droit à cette indemnité, sauf dispositifs spécifiques. Son montant est calculé à partir d’un barème officiel qui varie selon le type de véhicule, sa puissance fiscale et la distance parcourue.
Face à la flambée des prix des carburants, le Gouvernement a décidé d’augmenter temporairement le barème des indemnités kilométriques. L’arrêté du 29 mai 2026 prévoit une hausse de 3,2 % à compter du 1er juin 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026.
Cette revalorisation représente 1 à 2 centimes supplémentaires par kilomètre, soit l’équivalent d’environ 0,20 € par litre de carburant. Cette mesure vise à compenser une partie des frais engagés par les agents qui doivent utiliser leur véhicule personnel pour assurer leurs missions. Elle n’est pas pérenne : les taux redeviendront ceux du barème de base à partir du 1er janvier 2027.
Tous les personnels civils de l’État, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels, peuvent percevoir l’indemnité kilométrique lorsqu’ils utilisent leur véhicule personnel pour des déplacements professionnels. Le décret n° 2006‑781 du 3 juillet 2006 et l’arrêté du 3 juillet 2006 fixent les conditions et les taux applicables.
La majoration de 3,2 % annoncée en 2026 s’applique à ces agents pour les déplacements réalisés du 1er juin au 31 décembre 2026.
Les agents des collectivités et établissements territoriaux bénéficient du même cadre réglementaire. Le décret n° 2001‑654 du 19 juillet 2001 renvoie au barème de l’État pour fixer les remboursements.
Concrètement, un agent territorial utilisant sa voiture pour se rendre sur un site extérieur pourra être indemnisé selon le même barème que ses collègues de l’État.
Les personnels hospitaliers sont également concernés. L’arrêté du 29 mai 2026 prévoit une extension de la majoration aux agents hospitaliers pour les déplacements effectués durant la même période. Les établissements de santé appliqueront ainsi les nouveaux taux pour les missions nécessitant l’usage d’un véhicule personnel.
Les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et les enseignants remplaçants sont particulièrement visés par la mesure de revalorisation, car ils se déplacent fréquemment d’un établissement à un autre. La majoration temporaire de 3,2 % leur permet de limiter l’impact de la hausse des carburants sur leur budget.
Pour être indemnisé, l’agent doit effectuer un déplacement temporaire pour les besoins du service. Il peut s’agir d’une mission, d’une formation, d’un stage ou de toute autre tâche prescrite en dehors du lieu habituel de travail.
La distance doit être justifiée et un ordre de mission ou une autorisation écrite est indispensable. L’utilisation du véhicule personnel doit être nécessaire : l’agent doit démontrer qu’aucun transport en commun adapté n’était disponible ou que le véhicule était plus économique pour la collectivité.
Le tableau ci‑dessous présente les montants applicables en métropole pour les automobilistes en 2026. Le premier chiffre correspond au barème de base, le second (après le « / ») au barème majoré de 3,2 %, en vigueur du 1er juin au 31 décembre 2026.
| Puissance fiscale | Jusqu’à 2 000 km | 2 001 à 10 000 km | Au‑delà de 10 000 km |
| 5 CV et moins | 0,32 / 0,33 | 0,40 / 0,41 | 0,23 / 0,24 |
| 6 CV et 7 CV | 0,41 / 0,42 | 0,51 / 0,53 | 0,30 / 0,31 |
| 8 CV et plus | 0,45 / 0,46 | 0,55 / 0,57 | 0,32 / 0,33 |
Pour les motocyclettes de plus de 125 cm³ et les vélomoteurs, un tarif unique s’applique : 0,15 / 0,16 € par kilomètre pour les motos et 0,12 / 0,13 € pour les vélomoteurs. Ces montants sont majorés de 1 centime pour la période visée.
Le montant de l’indemnité dépend de plusieurs critères. On tient compte de la puissance fiscale du véhicule, du nombre total de kilomètres parcourus au cours de l’année, du lieu de déplacement et du type de véhicule (voiture, motocyclette, vélomoteur). Le barème se décline en tranches : jusqu’à 2 000 km, de 2 001 à 10 000 km et au‑delà de 10 000 km. Chaque tranche correspond à un montant fixe par kilomètre.
Pour obtenir le remboursement de vos frais, vous devez respecter une procédure administrative simple. Elle peut varier selon votre administration, mais les étapes suivantes sont incontournables :
Les indemnités kilométriques versées dans le cadre du barème officiel constituent un remboursement de frais professionnels. Elles ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu et n’ont pas à être déclarées si elles correspondent aux dépenses réellement engagées.
En revanche, si vous optez pour la déduction des frais réels dans votre déclaration de revenus, vous ne pouvez pas cumuler cet abattement avec l’indemnité perçue.
Il n'existe pas un montant unique. Le barème dépend de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres effectués. En 2026, le tarif de base en métropole varie de 0,32 € à 0,46 € par kilomètre pour les 2 000 premiers kilomètres et de 0,40 € à 0,57 € pour les kilomètres suivants. Du 1er juin au 31 décembre 2026, ces montants sont majorés de 1 à 2 centimes.
Les fonctionnaires de l'État appliquent le barème fixé par l'arrêté du 3 juillet 2006, soit entre 0,32 € et 0,55 € par kilomètre selon la puissance du véhicule et la tranche kilométrique. La revalorisation de 3,2 % en 2026 ajoute jusqu'à 2 centimes par kilomètre pour les déplacements effectués entre juin et décembre.
La fonction publique territoriale reprend le barème de l'État. Après décision de l'organe délibérant, les collectivités peuvent appliquer les taux majorés de 3,2 % pour la période du 1er juin au 31 décembre 2026. Les montants vont de 0,33 € à 0,57 € par kilomètre selon la puissance du véhicule.
Du 1er janvier au 31 mai 2026, le barème reste celui de base, soit 0,32 € à 0,45 € pour les 2 000 premiers kilomètres selon la puissance fiscale. La majoration temporaire ne s'applique qu'à partir du 1er juin 2026.
Vous devez multiplier la distance parcourue par le tarif correspondant à votre véhicule et à la tranche de distance. Additionnez les résultats pour chaque tranche. Si votre mission a lieu entre le 1er juin et le 31 décembre 2026, utilisez les montants majorés.
En avril 2026, aucun changement n'est prévu par rapport au barème de base ; la revalorisation temporaire n'entre en vigueur que le 1er juin. Si une nouvelle revalorisation est annoncée, elle sera publiée par décret.