[Mis à jour le 19/06/2026] Vous voulez quitter votre CDI pour changer de métier, vous former ou créer votre entreprise ? Le chômage après une démission n’est pas possible, sauf cas spécifiques, et notamment en cas de reconversion professionnelle. Alors, comment toucher le chômage après une démission pour reconversion ? On vous explique.
Oui, vous pouvez toucher le chômage après une démission pour reconversion professionnelle, mais uniquement sous conditions. En principe, une démission ne donne pas droit à l’allocation chômage, car vous quittez volontairement votre emploi. Le dispositif de démission pour reconversion est donc une exception : il permet de percevoir l’ARE si votre projet est préparé, validé et reconnu comme réel et sérieux.
Pour avoir le chômage après une démission pour reconversion professionnelle, vous devez surtout vérifier trois conditions : votre contrat, votre durée d’activité et la solidité de votre projet. Si l’un de ces points manque, France Travail peut refuser l’ouverture des droits.
Les 1 300 jours travaillés correspondent à environ 5 ans d’activité salariée continue dans les 60 mois qui précèdent votre démission. Les jours peuvent venir d’un ou de plusieurs employeurs, à condition que le parcours respecte les règles d’activité prévues pour l’ouverture des droits.
En pratique, une semaine civile couverte par un contrat de travail compte généralement pour 5 jours travaillés maximum. Cela signifie qu’un salarié à temps partiel peut valider la même durée qu’un salarié à temps plein pour cette condition d’activité.
Un projet réel et sérieux est un projet suffisamment construit pour montrer que vous ne quittez pas votre emploi sur un simple coup de tête. Il peut s’agir d’une formation cohérente avec votre objectif, d’une création d’entreprise ou d’une reprise d’entreprise.
Transitions Pro regarde notamment si vous avez identifié le métier visé, les compétences à acquérir, les débouchés, le coût de la formation, les financements possibles, les contraintes de mobilité et les étapes concrètes.
Pour une entreprise, on attend souvent des éléments comme une étude de marché, un budget, un prévisionnel ou des démarches déjà engagées.
Le montant du chômage après une démission pour reconversion est calculé comme une ARE classique. Il dépend de vos anciens salaires, de votre salaire journalier de référence, de votre temps de travail et de certaines périodes particulières comme les arrêts maladie, la maternité ou l’activité partielle.
Le montant journalier de l’ARE est égal au montant le plus favorable entre :
L’allocation est plafonnée à 75 % du SJR. L’allocation minimale est de 32,13 € par jour (hors application du coefficient de réduction pour le temps partiel).
La durée de votre allocation chômage en reconversion dépend surtout de votre durée d’emploi retenue par France Travail et de votre âge à la date de fin de votre contrat. La démission pour reconversion ne donne pas une durée d’indemnisation spéciale : une fois vos droits ouverts, l’ARE suit les règles classiques de l’assurance chômage.
France Travail calcule d’abord une durée théorique à partir de votre parcours professionnel. Dans la plupart des situations, cette durée est ensuite réduite par un coefficient de 0,75. Cela explique pourquoi la durée notifiée au départ peut être plus courte que la durée maximale théorique.
Le complément de droits n’est pas automatique. Il peut intervenir en fin d’indemnisation dans certains cas, par exemple si la situation de l’emploi se dégrade, si vous suivez une formation qualifiante d’au moins 6 mois prévue avec votre conseiller, ou dans certaines situations spécifiques liées à l’outre-mer.
Pour avoir le chômage après une démission pour reconversion, l’ordre des démarches est essentiel. Nous vous conseillons de garder une trace écrite de chaque étape. Voici les étapes à suivre :
| Étape | Ce que vous devez faire | Erreur à éviter |
| 1 | Demander un Conseil en évolution professionnelle | Commencer après la démission |
| 2 | Construire un projet de formation, création ou reprise d'entreprise | Déposer un dossier trop vague |
| 3 | Faire valider le caractère réel et sérieux par Transitions Pro | Remettre sa démission avant la réponse favorable |
| 4 | Démissionner en respectant le préavis prévu | Confondre validation du projet et ouverture automatique des droits |
| 5 | S'inscrire à France Travail et demander l'ARE | Dépasser les délais d'inscription |
Une fois inscrit, France Travail vérifie vos conditions d’indemnisation. La validation de Transitions Pro ne suffit pas à elle seule : vous devez aussi remplir les conditions générales de l’ARE et déclarer correctement votre situation chaque mois.
Après une décision favorable de Transitions Pro, vous disposez de 6 mois à compter de la notification pour vous inscrire à France Travail et déposer votre demande d’allocation chômage. Ce délai ne prolonge pas le délai général de 12 mois maximum après la fin du contrat.
France Travail peut contrôler, dans les 6 mois qui suivent l’ouverture des droits, que vous accomplissez bien les démarches prévues dans votre projet. Ce contrôle sert à vérifier que vous avancez réellement : inscription en formation, démarches de création d’entreprise, recherche de financement, immatriculation, rendez-vous, justificatifs.
Nous vous conseillons de conserver vos preuves : mails, attestations, devis, convocations, factures, échanges avec l’organisme de formation, documents de création d’entreprise. En cas de doute, mieux vaut avoir trop de justificatifs que pas assez.
Si vous ne réalisez pas les démarches nécessaires sans motif valable, France Travail peut appliquer une sanction. Vous risquez notamment une radiation de 4 mois et la suppression de 4 mois d’allocation chômage.
Le Conseil en évolution professionnelle, ou CEP, est obligatoire avant la démission dans le cadre de ce dispositif. Il est gratuit et vous aide à clarifier votre projet, à vérifier les options possibles et à préparer le dossier qui sera présenté à Transitions Pro.
Ce rendez-vous est utile même si votre idée est déjà claire. Le conseiller peut vous aider à repérer une formation plus adaptée, un financement possible, une alternative à la démission ou un risque dans votre calendrier.
Avec l’aide du CEP, vous préparez un dossier pour demander l’attestation du caractère réel et sérieux de votre projet. Le dossier varie selon votre objectif : formation, création d’entreprise ou reprise d’entreprise.
Transitions Pro examine la cohérence de votre projet. La commission regarde si vous avez une vraie volonté de changer de métier ou de secteur, si vous avez mesuré les contraintes et si les étapes prévues sont crédibles. La commission se prononce en principe dans un délai de 2 mois.
Vous pouvez remettre votre démission après avoir obtenu l’attestation favorable de Transitions Pro. Ensuite, vous devez respecter votre préavis, sauf accord différent avec votre employeur.
Oui, on peut toucher le chômage si on démissionne pour une reconversion, mais seulement si la procédure est respectée. Vous devez être en CDI de droit privé, justifier de 1 300 jours travaillés dans les 60 derniers mois, demander un CEP avant la démission et faire valider votre projet par Transitions Pro.
Pour démissionner d'un CDI pour reconversion sans perdre automatiquement vos droits, commencez par demander un Conseil en évolution professionnelle. Ensuite, préparez votre dossier, obtenez la validation Transitions Pro, puis seulement après, remettez votre démission à l'employeur en respectant votre préavis.
Pour arrêter un CDI sans perdre le chômage, vous pouvez envisager une rupture conventionnelle, une démission légitime ou une démission pour reconversion validée. La rupture conventionnelle nécessite l'accord de l'employeur. La démission pour reconversion exige une procédure stricte avant la démission.
Pour savoir si vous êtes éligible à la démission pour reconversion, vérifiez votre contrat, vos 1 300 jours travaillés et la solidité de votre projet.
Il n'existe pas de prime de démission pour reconversion. Le dispositif peut ouvrir droit à l'ARE, c'est-à-dire l'allocation chômage. Si votre projet concerne une création ou reprise d'entreprise, vous pouvez aussi demander l'ARCE, sous conditions, une fois vos droits ARE ouverts.
Le plus avantageux dépend de votre situation. La rupture conventionnelle ouvre généralement droit au chômage et prévoit une indemnité spécifique, mais elle nécessite l'accord de l'employeur. La démission pour reconversion peut fonctionner sans cet accord, mais elle demande une validation préalable stricte et ne prévoit pas d'indemnité de rupture.
Je démissionne pour reprendre une formation courte (en alternance) et, en parallèle, je compte finir mon contrat d’avant puis faire valoir mes droits : si la formation ne démarre pas assez vite, puis-je quand même ouvrir des droits chômage malgré la démission ?
Bonjour Romane, une démission n’ouvre pas automatiquement droit au chômage, même si une formation est prévue ensuite. En pratique, tout dépend surtout du cadre exact de la démission et du moment où vous remplissez les conditions pour une ouverture de droits, car une reprise d’emploi ou un nouveau contrat peut parfois changer l’analyse. Si le démarrage de la formation est décalé, cela ne suffit pas à lui seul à sécuriser une indemnisation après démission. Pour vérifier votre situation plus concrètement, vous pouvez estimer vos droits au chômage.
Je travaille depuis lé 24/04/2019 jusqu’aujourd’hui dans entreprise de resto sans interruption, et à ce jour je voudrais arrêter mon contrat pour me reconvertir dans un autre corps de métier, d’après vous , pourrai je bénéficiée de l’allocation chômage . Cordialement
Bonjour, vous pourrez bénéficier de l’allocation chômage dans 3 situations :
– si vous êtes licenciée, ce qui n’a pas l’aide d’être le cas.
– en cas de rupture conventionnelle négociée avec votre employeur si vous êtes en CDI, et à la fin de votre CDD si ce dernier n’est pas renouvelé.
– la démission n’entraine en principe pas de droits au chômage, mais cette dernière peut être considérée comme légitime et vous ouvrir ce droit si vous effectuez un conseil en évolution professionnelle (CEP) au préalable.
En cas de difficultés dans vos démarches administratives, n’hésitez pas à souscrire à notre service d’accompagnement administratif.
Bonjour actuellement en poste, je suis une formation à distance. Si je démissionné pourrai je prétendre à l’allocation chômage du fait que je je me reconverti ?
Bonjour, la démission pour reconversion professionnelle peut être considérée comme une démission légitime, et ainsi vous donner droit aux allocations chômage. Notez cependant qu’il vous revient d’apporter la preuve que votre projet de reconversion est sérieux.
En cas de difficultés dans vos démarches administratives, n’hésitez pas à souscrire à notre service d’accompagnement administratif.