Votre enfant vient d’atteindre la majorité ? L’impôt d’un enfant majeur peut rapidement soulever des questions : doit-il faire sa propre déclaration, être rattaché à votre foyer fiscal ou bénéficier d’une pension alimentaire déductible ? Mes Allocs vous explique quelles sont les règles pour les impôts en 2026 et quel choix faire selon votre situation.
À 18 ans, votre enfant n’est plus automatiquement compté à votre charge. Il devient fiscalement autonome : en principe, il doit déposer sa propre déclaration d’impôt et ses revenus ne s’additionnent plus aux vôtres.
Toutefois, vous pouvez décider de le rattacher à votre foyer fiscal ou choisir de lui verser une pension alimentaire et de déduire cette somme de vos revenus. Le bon choix dépend de l’âge de votre enfant, de son statut (étudiant ou non) et de ses revenus.
Si votre enfant est célibataire ou en union libre et sans enfant à charge, vous pouvez demander son rattachement au foyer fiscal dans deux cas précis :
Même marié, pacsé ou parent, un enfant peut être rattaché à votre foyer fiscal, à condition qu’un des conjoints remplisse les conditions d’âge ci‑dessus. Le rattachement ne crée pas de part supplémentaire, mais il vous offre un abattement de 6 855 € par personne rattachée (montant en vigueur pour la déclaration 2026 des revenus 2025) : vous retranchez ce montant de votre revenu imposable pour votre enfant, pour son conjoint ou partenaire, et pour chacun de ses propres enfants.
Attention, l’autre foyer (les beaux‑parents) ne peut pas cumuler ce rattachement : il pourra le cas échéant déduire une pension alimentaire.
Pour l’imposition des revenus 2025, votre enfant peut être rattaché s’il a moins de 21 ans le 1er janvier 2025 ou moins de 25 ans et étudie à cette date ou au 31 décembre 2025. Au‑delà de cet âge, il devra déclarer ses revenus de manière indépendante.
Un étudiant de moins de 25 ans peut demander le rattachement même s’il exerce un job étudiant. Ce rattachement vous permet de bénéficier d’une demi‑part supplémentaire et d’une éventuelle réduction d’impôt pour frais de scolarité : 61 € pour un collégien, 153 € pour un lycéen et 183 € pour un étudiant dans l’enseignement supérieur.
Les salaires de l’étudiant sont exonérés dans la limite de 5 405 € (trois fois le Smic mensuel brut pour les revenus perçus en 2025). Vous ne déclarerez que la partie qui dépasse ce seuil.
Un enfant handicapé peut être rattaché sans condition d’âge. L’administration fiscale considère en effet qu’il ne peut pas subvenir seul à ses besoins. Vous pouvez ainsi continuer à bénéficier d’une part supplémentaire et d’un abattement ou d’une réduction d’impôt, quelle que soit l’année de naissance de votre enfant.
Un enfant marié ou pacsé (avec ou sans enfants) peut être rattaché à votre foyer fiscal à condition que l’un des membres du couple remplisse les conditions d’âge (moins de 21 ans ou moins de 25 ans étudiant). Le rattachement offre un abattement de 6 855 € par personne rattachée. Si l’autre famille (beaux‑parents) participe à l’entretien du couple, l’abattement est réparti entre les deux foyers.
Le rattachement n’est pas automatique : il doit être demandé par votre enfant et accepté par vous. L’enfant majeur rédige une demande de rattachement sur papier libre dans laquelle il renonce à faire sa propre déclaration. Vous conservez cette demande et la présenterez en cas de contrôle.
Au moment de la déclaration en ligne ou sur le formulaire 2042, vous cochez la rubrique « Rattachement d’enfants majeurs ou mariés » (case D) et indiquez l’état civil de votre enfant. Depuis l’instauration du prélèvement à la source, vous pouvez également signaler le rattachement dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » pour ajuster votre taux, mais cela ne remplace pas la déclaration annuelle.
Le rattachement augmente votre quotient familial. Pour un enfant célibataire, il vous apporte une demi‑part (voire une part entière au-delà du 2e enfant). Cela permet de réduire le taux d’imposition de votre foyer.
Pour un enfant marié, pacsé ou chargé de famille, vous bénéficiez d’un abattement de 6 855 € par personne rattachée. Ce mécanisme est souvent avantageux lorsque votre enfant a peu de revenus ou lorsqu’il est étudiant.
Si votre enfant n’est pas rattaché, vous pouvez déduire la pension que vous lui versez pour subvenir à ses besoins, à condition que ses ressources soient insuffisantes et que vous puissiez justifier les paiements. Le plafond de déduction d’une pension alimentaire dépend de sa situation :
Si votre enfant vit chez vous et ne perçoit pas de revenus suffisants, vous pouvez déduire un forfait de 4 075 €, doublé à 8 151 € s’il est marié ou pacsé. Ce montant couvre principalement le logement et la nourriture et ne nécessite pas de justificatifs. En revanche, si votre enfant est hébergé moins d’un an, le montant est proratisé en fonction du nombre de mois.
Rendez‑vous sur la page dédiée aux « Rattachement d’enfants majeurs ou mariés ». Indiquez l’état civil de votre enfant et cochez les cases correspondantes :
Joignez la demande de rattachement signée par votre enfant. Vous devez ensuite ajouter dans vos revenus toutes les sommes qu’il a perçues. Toutefois, certains revenus ne sont pas imposables :
Ces montants exonérés doivent être déduits des revenus à déclarer. Les revenus issus d’un contrat de professionnalisation ou les revenus non salariaux (micro‑entrepreneur, prestations facturées) ne bénéficient pas d’exonération et doivent être déclarés intégralement.
Si votre enfant majeur ne figure pas sur votre déclaration, vous pouvez déclarer la pension alimentaire que vous lui versez dans la rubrique « Charges déductibles ». Indiquez le montant total des pensions versées, dans la limite des plafonds mentionnés ci‑dessus.
Si votre enfant vit chez vous, vous pouvez choisir le montant forfaitaire de 4 075 € (ou 8 151 € pour un couple), sans justificatifs. Sinon, conservez les preuves (virements, factures de logement ou frais de scolarité) et attestez que votre enfant est réellement dans le besoin. N’oubliez pas que votre enfant doit déclarer cette pension comme revenu imposable.
Les salaires perçus par un étudiant de moins de 25 ans sont exonérés à hauteur de 5 405 € nets pour l’année 2026. Seule la part dépassant ce montant est à déclarer. L’avantage peut être cumulé avec l’exonération des gratifications de stage. Si l’étudiant est majeur et déclare seul ses revenus, il bénéficie du même abattement.
Les rémunérations des petits boulots effectués pendant les vacances scolaires ou universitaires suivent les mêmes règles que les salaires étudiants : un abattement de 5 405 € s’applique. Au‑delà, le surplus est imposable. Cet abattement s’entend après déduction des cotisations sociales mais avant la déduction de 10 % pour frais professionnels.
Les gratifications de stage en entreprise et les indemnités d’alternance sont exonérées d’impôt dans la limite du Smic annuel, soit 21 622 € pour les revenus 2025 (sur la déclaration 2026). Le montant excédentaire est imposable. De même, les salaires versés dans le cadre d’un contrat d’apprentissage sont exonérés dans cette même limite.
Certains revenus de vos enfants ne sont pas imposables et n’ont pas à être déclarés : les bourses sur critères sociaux, les indemnités du service civique et du volontariat, ainsi que les avantages liés aux programmes européens.
En revanche, les revenus tirés d’une activité indépendante (micro‑entreprise, freelancing) et les allocations versées pour des travaux de recherche sont imposables et doivent être déclarés dans la catégorie des BIC ou BNC.
Tant que votre enfant a moins de 21 ans au 1er janvier de l’année d’imposition ou moins de 25 ans s’il poursuit des études, vous pouvez demander son rattachement à votre foyer fiscal. Passé cet âge, il devra faire sa propre déclaration.
Oui, à condition qu’il remplisse l’une des conditions d’âge. Ses salaires seront ajoutés aux vôtres, déduction faite des exonérations applicables (5 405 € pour les jobs étudiants, 21 622 € pour l’apprentissage ou les stages). Si ses revenus sont élevés, la déduction d’une pension alimentaire peut s’avérer plus avantageuse.
Oui, un enfant majeur peut déclarer ses revenus indépendamment de ses parents. Il pourra bénéficier des exonérations sur ses salaires d’étudiant et sur ses gratifications de stage. Les parents pourront alors déduire une pension alimentaire, sous réserve de prouver que l’enfant est dans le besoin.
Pour déduire une pension alimentaire versée à un enfant majeur, vous devez reporter le montant dans la rubrique « Charges déductibles » de votre déclaration de revenus (cases 6EL à 6EM selon les situations). Indiquez le montant versé et conservez les justificatifs. Si vous choisissez le montant forfaitaire lorsque l’enfant vit chez vous, reportez simplement cette somme.
Non. Le rattachement et la déduction d’une pension alimentaire sont des options exclusives. Lorsque vous rattachez votre enfant, vous ne pouvez pas déduire la pension que vous lui versez. À l’inverse, si vous déduisez une pension, votre enfant doit faire sa propre déclaration et ne peut plus être rattaché à votre foyer fiscal.
Vous pouvez déduire une pension alimentaire jusqu’à 6 855 € par an pour un enfant majeur non rattaché à votre foyer fiscal. Ce plafond peut atteindre 13 710 € si votre enfant est marié ou chargé de famille et que vous assumez seul ses besoins. Si votre enfant vit chez vous, vous pouvez déduire un forfait de 4 075 € sans justificatif.
Cela dépend de votre situation. Le rattachement permet d’obtenir une demi-part supplémentaire (ou un abattement si l’enfant est marié). La pension alimentaire permet, elle, de déduire une somme de vos revenus imposables. Le choix le plus avantageux dépend principalement des revenus de votre enfant et de votre tranche d’imposition.
Pour déclarer un enfant majeur rattaché, vous devez l’ajouter dans la rubrique « Rattachement d’enfants majeurs ou mariés » de votre déclaration de revenus (formulaire 2042). Vous indiquez son état civil et conservez sa demande de rattachement écrite. Ses revenus doivent ensuite être ajoutés à votre déclaration, sauf les revenus exonérés.
Un enfant n’est plus automatiquement à charge dès qu’il devient majeur (18 ans). Il devient fiscalement indépendant et doit normalement faire sa propre déclaration. Toutefois, vous pouvez demander son rattachement au foyer fiscal jusqu’à 21 ans, ou 25 ans s’il poursuit des études.
Si votre enfant majeur n’est pas rattaché à votre foyer fiscal mais vit chez vous, vous pouvez déduire une pension alimentaire forfaitaire de 4 075 € pour couvrir les frais de logement et de nourriture. Cette somme est à déclarer dans la rubrique charges déductibles de votre déclaration de revenus.
Vous pouvez rattacher votre enfant à votre foyer fiscal jusqu’à 21 ans. Ce seuil est porté à 25 ans si votre enfant poursuit des études. Au-delà, il doit faire sa propre déclaration de revenus, sauf cas particulier comme le handicap, où le rattachement peut être possible sans limite d’âge.