Rupture conventionnelle, chômage et retraite : tout savoir.
La rupture conventionnelle est un accord à l’amiable entre l’employeur et son salarié en CDI sur les conditions de la rupture du contrat de travail de celui-ci. Elle donne droit aux allocations chômages et à la retraite. On vous explique tout sur la rupture conventionnelle et le chômage.
Qu’est ce que la rupture conventionnelle?
Selon le code du travail, le salarié ou l’employeur propose une rupture conventionnelle lorsqu’il souhaite mettre fin au contrat de travail. L’avantage de ce système est que les deux parties doivent se mettre d’accord sur les termes de cette fin de carrière. Le salarié doit forcément être en CDI.
La rupture peut être individuelle ou collective. Si elle est collective, seul l’employeur peut la demander. Dans les deux cas, les salariés qui signent une rupture de contrat perçoivent une indemnité de départ.
Comment calculer les indemnités de la rupture conventionnelle?
L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle est calculée selon deux critères :
- l’ancienneté du salarié
- la rémunération brute du salarié avant la fin du contrat
Les personnes demandant une indemnité de rupture sont exonérées d’ impôts dans les mêmes limites que l’indemnité de licenciement.
Les indemnités versées dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective ou dans le cadre d’une rupture à la suite de l’acceptation du congé de mobilité sont exonérées en totalité.
Ancienneté supérieure à 10 ans
L’indemnité légale est calculée à partir de la rémunération brute perçue par le salarié avant la rupture de son contrat de travail. Les primes et gratifications exceptionnelles ou annuelles sont prises en compte. Cette indemnité ne doit pas être inférieure à:
- 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11e année
Le salaire de référence peut être calculé de deux façons :
- en calculant la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la rupture du contrat
- en calculant le ⅓ des 3 derniers mois. Dans ce cas, les primes et gratifications sont prises en compte en proportion du temps de travail effectué. Si une prime annuelle a été perçue, il faut ajouter 1/12e du montant de la prime à chacun des 3 derniers mois de référence.
Exemple:
Si vous avez un salaire de référence de 2500 euros et que vous êtes dans l’entreprise depuis 20 ans, votre indemnité de rupture conventionnelle est calculée ainsi :
(2500 x 1/4 x 10) + (2500 x 1/3 x 10) = 14 583,33€
Si vous avez le même salaire et que vous êtes dans l’entreprise depuis 20 ans et 8 mois, vous obtenez :
(2500 x 1/4 x 10) + (2500 x 1/3 x 10) + (2500 x 1/3) x (8/12) = 15 138,88€
Ancienneté inférieure à 10 ans
L’indemnité ne peut pas être inférieure à 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté.
Le salaire de référence peut être calculé de deux façons:
- en calculant la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la rupture du contrat.
- en calculant le 1/3 des 3 derniers mois. Les primes et gratifications sont ajoutées en proportion du temps de travail effectué. Si une prime annuelle a été perçue, il faut ajouter 1/12e du montant de la prime à chacun des 3 derniers mois de référence.
Ancienneté inférieure à 12 mois
Le salaire de référence, lorsque l’ancienneté du salarié est inférieure à 12 mois, prend en compte la moyenne mensuelle de la rémunération des mois précédant la rupture du contrat. Puis cette moyenne est divisé par 12.
Exemple:
Si vous avez un salaire de référence de 2500 euros et que vous êtes dans l’entreprise depuis 11 mois, votre indemnité de rupture conventionnelle est calculée ainsi :
(2500 x 1/4) x (11/12 ) = 572.91€
Rupture conventionnelle et chômage
Qui peut y accéder ?
Tout salarié qui travaillait en CDI et qui a fait appel à une rupture conventionnelle peut bénéficier du chômage. Dans la majorité des cas, une démission du salarié aurait interdit l’éligibilité à l’allocation chômage. Plus de détails sur les droits au chômage après démission dans cet article.
Comment bénéficier du chômage après une rupture conventionnelle ?
Pour bénéficier du chômage après une rupture conventionnelle vous devez :
- Avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers
mois mais si vous avez plus de 53 ans, 6 mois sur les 36 derniers mois.
- Avoir effectuer une inscription auprès de Pôle emploi dans les 12 mois suivants la fin du travail.
- Rechercher activement un nouvel emploi ou êtes en formation.
- Ne pas avoir acquis les droits à une retraite complète.
- Etre physiquement apte à travailler.
- Et enfin résider en France (métropole ou DOM).
Pour bénéficier du dispositif de maintien de droits aux allocations, vous devez justifier de 12 ans d’affiliation au régime d’assurance chômage ou de périodes assimilées.
Rupture conventionnelle et retraite
A quel âge effectuer une rupture conventionnelle pour partir à la retraite?
Il est intéressant de signer la rupture conventionnelle à 59 ans car vous toucherez les allocations jusqu’au départ en retraite. Cependant, l’accepter vers 61 ans offre plus d’avantages. En effet, vous êtes indemnisé par Pôle emploi jusqu’à vos 64 ans, c’est-à-dire jusqu’à l’âge auquel vous pourrez prétendre à votre retraite à taux plein. Un salarié qui signe un rupture conventionnelle à 57 ans risquera de se retrouver à 60 ans sans aucune ressource en attendant de liquider sa retraite.
La pension de retraite à laquelle vous aurez le droit à 64 ans sera nettement supérieure à celle que vous pouvez obtenir à 62 ans après un rachat de trimestres, car pendant vos deux années de chômage vous allez continuer à accumuler des points calculés sur votre dernier salaire.
Si le salarié à atteint l’âge légal de la retraite, son indemnité est soumise aux cotisations sociales, à l’ impôt sur le revenu et au CSG-CRDS.
Quelles sont les conditions pour percevoir la retraite?
La retraite à taux plein
Vous pouvez bénéficier d’une retraite complémentaire à taux plein, si vous avez atteint l’âge légal, soit 62 ans et si vous justifiez du nombre de trimestres requis pour obtenir la retraite de base à taux plein.
Cette retraite est sans condition de durée d’activité, si vous avez atteint un âge minimum compris entre 65 et 67 ans en fonction de votre date de naissance. Vous pouvez également l’obtenir si vous êtes dans les situations suivantes:
- une situation d’handicap,
- une inaptitude au travail,
- ou une autre situation particulière.
Le nouveau dispositif minoration/ majoration
Le dispositif de minoration/majoration temporaires s’applique au montant de votre retraite complémentaire.
Vous êtes concerné :
- si vous êtes né à compter du 1er janvier 1957
- et si vous remplissez les conditions pour bénéficier de votre retraite Agirc-Arrco à taux plein après le 1er janvier 2019.
Comment toucher les indemnités de départ à la retraite?
Un salarié qui part à la retraite peut percevoir une indemnité de retraite. Cette indemnité change si le salarié s’est mis à la retraite ou s’il y est mis par son employeur.
Attention : La convention collective qui est un accord écrit négocié entre les syndicats de salariés et d’employeurs peut vous aider. Elle peut donner une indemnité plus favorable que la loi.
Dans le cas d’un départ volontaire à la retraite
Lorsque vous quittez volontairement l’entreprise, vous pouvez percevoir une indemnité légale de départ à la retraite. Cette indemnité ne vous est attribuée que si vous avez une ancienneté d’au moins 10 ans.
Dans le cas d’une mise à la retraite par l’employeur
Lorsque vous êtes mis à la retraite sur décision de votre employeur, vous avez droit à un préavis et à une indemnité de mise à la retraite.
Elle se calcule de la même façon que l’indemnité de rupture conventionnelle.
Voir notre ligne éditoriale ici.
Quel droit au chômage après 62 ans ?
Les demandeurs d'emploi indemnisés à l'âge de 62 ans peuvent voir leurs droits prolongés jusqu'à la liquidation de leur retraite, à certaines conditions. Mais jamais au-delà de 65 ou 67 ans, âge où une retraite à taux plein leur est attribuée d'office.
Licenciement ou rupture conventionnelle ?
Le licenciement semble être plus avantageux pour le salarié et la rupture conventionnelle plus avantageuse pour l'employeur.
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Comment calculer le montant du chômage après la rupture conventionnelle ?
En cumulant les 13,18 € d’indemnité fixe et 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR), vous obtiendrez le montant journalier brut de votre allocation chômage.
Quel droit au chômage à 57 ans ?
Un salarié qui est licencié à 57 ans n'obtiendra que deux ans d'indemnisation s'il a travaillé deux ans.
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Quels sont les avantages à 60 ans ?
Il est possible de recevoir l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) à 60 ans. Son montant est calculé selon vos besoins et le niveau de vos revenus (pour les plus modestes, elle finance 80 à 100% des aides à domicile). De plus , vous pouvez bénéficier d'aides aux travaux d'adaptation de votre logement avec l'Anah.
Est-ce que les périodes de chômage comptent dans la retraite ?
Toutes les périodes de chômages sont vues comme des des trimestres d'assurance retraite dans la limite de 4 trimestres par an.
Je suis en rupture conventionnelle et je serai au chômage juste avant de demander ma retraite. La durée d’indemnisation ou les trimestres comptent-ils différemment selon que je liquide la retraite tout de suite ou un peu plus tard ?
Bonjour Benoît, le point important est de distinguer l’indemnisation chômage et la validation de trimestres pour la retraite. Le chômage indemnisé peut permettre de valider des trimestres, mais le fait de liquider votre retraite plus tôt ou plus tard peut changer à la fois la durée pendant laquelle vous restez indemnisé et le nombre de droits retraite finalement pris en compte. En pratique, tout dépend surtout de votre âge, de votre date de départ et du moment où vous remplissez les conditions du taux plein. Si vous voulez avoir une vision plus claire de votre situation, vous pouvez préparer votre retraite ou vous faire aider par un conseiller Mes Allocs.
J’ai 59 ans et l’âge de ma retraite à taux plein est 67 ans
A quel âge puis je demander une rupture conventionnelle la plus avantageuse qui me fera toucher le chômage en attendant l’âge requis?
Bonjour, au delà de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation est de 1095 jours, soit 36 mois. Pour pouvoir prétendre à cette durée d’indemnisation, il faut que vous ayez cumulé environ 783 jours sur les 36 derniers mois.