Le chômage technique: conditions et accessibilité

Le chômage technique est un dispositif aidant les employeurs lorsque l’activité est arrêté par une cause majeure. Il existe des conditions du côté des employeurs pour avoir recours à cette méthode. Notre équipe vous explique tout.
Qu’est-ce que le chômage technique ?
Définition
Le chômage technique est une situation peu habituelle. Elle intervient lorsque l’entreprise subit une réduction temporaire et partielle de son activité nécessitante, pour sa main d’œuvre, une baisse du nombre d’heures en dessous de l’horaire légal de travail. Le chômage technique se présente comme une alternative au licenciement économique.
Plutôt que d’avoir recours au licenciement, l’entreprise maintient alors ses salariés à leur poste et ceux-ci subissent une baisse d’activité (baisse du temps de travail), pendant une durée limitée. Cette pratique est encadrée par le Code du Travail.
Dans ces conditions, l’entreprise réduit l’ensemble de ses charges de personnel tout en conservant son effectif. Il existe aussi une autre nomination. Ce dispositif est aussi appelé chômage partiel. Les deux appellations concernent la même situation, l’activité partielle d’un salarié dans son entreprise.
Qui est concerné ?
Le chômage partiel est une mesure collective, elle s’applique donc à tous les salariés d’un établissement ou à aucun d’entre eux. Cette indication peut varier selon les accords collectifs des entreprises. Le type de contrat du salarié n’influe pas sur ce dispositif. Que vous soyez à temps partiel, à domicile, en CDD ou CDI est sans incidence sur cette règle.
Cependant, ce dispositif ne s’applique pas à tous. Si vous êtes dans l’une des situations suivantes, vous n’êtes pas concerné par le dispositif de chômage partiel :
- Titulaire d’un contrat de travail de droit français qui travaille à l’étranger,
- Salarié expatrié titulaire d’un contrat de droit local,
- Salarié dont la réduction ou la suspension de l’activité professionnelle est due à une discorde collectif de travail (grève, notamment).
Au-delà des petites et moyennes entreprises, les associations figurent aussi dans le champ des structures éligibles à l’activité partielle. Comme les entreprises, elles doivent respecter les motifs de recours prévus par la réglementation. Les ressources spécifiques dont peuvent bénéficier les associations nous amène à rappeler le principe selon lequel le recours à l’activité partielle ne pourrait avoir comme effet de financer deux fois les charges de personnel (une première fois par des subventions extérieures et une seconde fois par l’activité partielle).
Les demandes déposées par les associations bénéficiant de subventions doivent donc respecter cette obligation. Des contrôles seront réalisés suite à cette demande et en cas de constat d’un financement en doublon, les indemnisations seront ajustées à la baisse.
Cependant le chômage technique est une situation possible qu’en cas de force majeur. Votre employeur ne peut vous mettre au chômage technique simplement pour réduire ses coûts.
Êtes-vous rémunéré lorsque vous êtes au chômage technique ?
Lorsque vous êtes au chômage technique, vous continuez de percevoir un revenu. Nous vous expliquons la rémunération d’un salarié en chômage partiel.
Les conditions d’indemnisation
Si la mise en activité partielle est de vigueur dans votre entreprise, il n’y pas de réelle rémunération comme pourrait l’être un salaire. Par contre, en tant que salarié en activité partielle, vous recevez une indemnité horaire versée par votre employeur à l’échéance habituelle de votre bulletin de paie.
En 2024, l’indemnité ne peut en aucun cas être inférieure à 9.40€ net avec un plafond de 32.08€ par heure chômée.
Allocation compensatrice
Pour aider votre employeur, ce dernier reçoit de son côté une allocation compensatrice. Cette allocation est financée par l’État et l’Unedic. Elle est égale à :
- 8,21 € minimum et de 18,66 €maximum par heure chômée dans les entreprises par salarié
Il se peut que dans certaines circonstances, votre employeur ne puisse bénéficier de cette allocation compensatrice. Cette allocation compensatrice ne lui est pas due si :
- La réduction ou la suspension de l’activité est due à une grève (sauf si votre employeur décide de fermer l’entreprise suite à une grève pour une durée supérieure à 3 jours) ;
- Pour les salariés en forfait jours ou heures (sauf en cas de fermeture totale de l’établissement).
Cette allocation compensatrice ne peut pas être supérieure à l’indemnité qui vous est due si vous êtes en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation. Dans tous les cas, votre employeur doit vous assurer, lorsque vous êtes en activité partielle, une rémunération nette au moins égale au SMIC. Le salarié peut donc bénéficier d’une allocation complémentaire prise en charge par l’employeur, si la somme accordée ne le couvre pas suffisamment.
Le calcul de l’indemnité
Pour le calcul de l’indemnité, dans le détail, il s’agit des heures non travaillées qui sont prises en compte. Chaque heure de travail effectif doit être payée normalement par l’employeur.
Le nombre d’heures éligibles au dispositif de chômage partiel correspond à la différence entre la durée légale de travail (ou la durée stipulée dans votre contrat de travail ou sur votre convention collective si elle déroge à la règle légale des 35 heures) et le nombre d’heures travaillées sur la période de chômage partiel. Voici la formule :
Heures déclarées en chômage partiel : durée légale du travail – heures travaillées pendant la période de chômage partiel.
De nombreux paramètres vont rentrer en compte dans le calcul de l’indemnité. Si vous le faites à partir du salaire brut, voici les primes qu’il faudra prendre en compte :
- La prime de nuit,
- La prime d’équipe,
- Mais aussi la prime d’ancienneté,
- Et la prime d’habillage.
Si vous calculez à partir de votre salaire net, il faudra enlever ces aides de votre salaire :
- Les indemnités de transport,
- L’indemnité de repas,
Quelles conditions pour l’entreprise ?
Les entreprises ont un délai de 30 jours pour déposer une demande de chômage partiel, avec effet rétroactif. Pour que votre entreprise puisse mettre en place le chômage technique, l’entreprise doit subir une perte partielle d’activité due à une situation conjoncturelle :
- Modernisation ou restructuration de l’entreprise
- Force majeure, événement spécifique (incendie, perte accidentelle des outils de production…)
- Une baisse conjoncturelle et importante des commandes, perte d’un client conséquent
- Perte d’un fournisseur, difficultés temporaires d’approvisionnement
- Toute autre circonstance exceptionnel (intempéries de caractère exceptionnel, catastrophe climatique, pandémie …)
Au-delà de ces situations où le chômage technique peut intervenir, votre employer se doit de vous donner des garanties quant à votre poste.
Les garanties de l’employeur
Lorsque vous êtes placé en chômage partiel, votre employeur vous donne des garanties concernant votre poste et votre emploi. Elles peuvent concerner :
- Votre maintien dans l’emploi pendant une durée pouvant atteindre le double de la période d’autorisation de chômage partielle accordée par le préfet ;
- Des actions de formation pour les salariés placés en activité partielle ;
- Des actions en matière de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) ;
- Les actions visant à rétablir la situation économique de l’entreprise.
De fait, vous n’êtes pas laissés à l’abandon pendant le chômage partiel et après cette période.
Quel impact sur les droits des employés ?
Pour les congés payés, les heures de chômage partiel ne sont pas considérées comme des heures de travail effectif. Elles ne sont donc pas prises en compte pour calculer les congés payés. Vous risquez donc de voir votre période de congés payées être réduite.
Les salariés en congés maternité, maladie ou arrêtés pour accident du travail perçoivent leurs indemnités issues de la Sécurité Sociale, dans les conditions habituelles. Cependant, ils ne perçoivent pas d’indemnité complémentaire de l’employeur du fait de la baisse partielle d’activité. Cette donnée est présente par souci d’équité. En effet, les salariés placés au chômage technique et bénéficiant d’autres indemnités ne peuvent pas percevoir une rémunération supérieure à celle touchée par les salariés effectivement mis au chômage technique.
L’autorité administrative s’assure du respect des engagements qui sont souscrits par votre employeur. En cas de non-respect, sans motif légitime, ce dernier peut être amené à rembourser les sommes perçues au titre de l’allocation d’activité partielle. Sauf si ce remboursement est incompatible avec la situation économique et financière de l’entreprise (risque de faillite, par exemple).
Voir notre ligne éditoriale ici.
Mes congés payés sont-ils impacté par cette mesure ?
Oui, la durée de vos congés payés risque de varier en fonction de la durée du chômage partiel.
Le chômage technique dépend-t-il de notre statut ?
Non absolument pas, peu importe votre statut dans l'entreprise vous pouvez bénéficier du chômage partiel.
Est-il possible de faire une simulation ?
Bien sûr ! Mes Allocs vous propose un simulateur qui vous permettra de savoir le montant de votre indemnité.
Existe-t-il un organisme qui contrôle les actions de l'employeur ?
Oui, ce sont les Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) qui se chargent du contrôle.
Comment est versé cette indemnité ?
Elle est versée à la même date que votre salaire habituel.
Je suis RH dans une petite entreprise et on subit une baisse de commandes depuis ce mois-ci : si on ferme 2 semaines pour dépannage, est-ce qu’on peut passer en chômage technique pour tous, ou faut-il une baisse “prouvée” et des salariés en priorité ?
Bonjour Etienne, l’activité partielle ne peut pas être mise en place librement pour tous les salariés sans motif précis : il faut que la baisse d’activité ou l’arrêt temporaire soit réel et justifiable par l’entreprise. Une fermeture de deux semaines pour dépannage peut entrer dans ce cadre si l’interruption est bien liée à une situation objective, mais l’employeur doit aussi motiver sa demande et préciser les salariés concernés. Il n’existe pas, à notre connaissance, de règle générale imposant de traiter certains salariés en priorité, mais le recours doit rester cohérent avec la situation de l’entreprise. Si vous voulez, vous pouvez aussi vérifier les règles liées au chômage sur notre simulateur.