Suspension réforme des retraites : qui est concerné en 2026 ?

[Mis à jour le 07/05/2026] Depuis 1993, le système de retraite français a fait l’objet de nombreuses réformes. La dernière grande réforme des retraites, adoptée en 2023, prévoyait notamment le report progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Mais la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu temporairement une partie de ce calendrier. Alors, qui est concerné par cette suspension et qu’est-ce que cela change pour votre retraite ? On vous explique.
- La réforme des retraites de 2023 n’est pas supprimée, mais son calendrier est temporairement suspendu.
- Les nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
- L’âge légal de 64 ans est prévu pour les personnes nées à partir de 1969.
- La suspension concerne aussi les départs anticipés pour carrière longue pour les assurés nés entre 1964 et 1968.
La réforme des retraites est-elle suspendue en 2026 ?
Quelle est la situation en 2026 ?
La suspension de la réforme des retraites est désormais actée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Cette loi a été promulguée le 30 décembre 2025, après une adoption définitive par l’Assemblée nationale et une décision du Conseil constitutionnel.
Concrètement, certaines étapes du relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et de l’augmentation de la durée d’assurance prévues par la réforme de 2023 sont temporairement suspendues. Les effets de cette suspension s’appliquent aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026.
Cette suspension ne supprime pas toute la réforme des retraites de 2023. Elle décale temporairement certaines étapes du relèvement de l’âge légal et du nombre de trimestres nécessaires pour partir à taux plein.
Qui est concerné par la suspension de la réforme ?
La suspension concerne les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour ces générations, l’âge légal de départ et, dans certains cas, la durée d’assurance nécessaire sont modifiés à partir du 1er septembre 2026.
- Les personnes nées en 1964 pourront partir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres requis au lieu de 171.
- Les personnes nées entre le 1er janvier et le 31 mars 1965 pourront partir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 170 trimestres requis au lieu de 172.
- Les personnes nées entre le 1er avril et le 31 décembre 1965 pourront partir à 63 ans au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 171 trimestres requis au lieu de 172.
- Les personnes nées en 1966 pourront partir à 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois.
- Les personnes nées en 1967 pourront partir à 63 ans et 6 mois au lieu de 63 ans et 9 mois.
- Les personnes nées en 1968 pourront partir à 63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans.
- Pour les personnes nées à partir de 1969, l’âge légal de départ à 64 ans reste prévu.
Ce qui change pour vous avec la suspension
Si vous êtes né entre 1964 et 1968, la suspension peut vous permettre de partir plus tôt que prévu par le calendrier initial de la réforme de 2023. Selon votre année de naissance, le gain peut aller jusqu’à plusieurs mois. Les personnes nées en 1964 et au premier trimestre 1965 sont aussi concernées par une baisse du nombre de trimestres requis pour le taux plein.
Ce qui ne changera pas
Ces points restent valides malgré la suspension temporaire de la réforme :
- Pour les carrières longues, un départ anticipé reste possible si vous avez commencé votre activité jeune. La suspension concerne aussi les départs anticipés pour carrière longue des personnes nées entre 1964 et 1968 : si vous avez commencé à travailler avant 16 ans, 18 ans, 20 ans ou 21 ans, votre âge de départ anticipé peut être assoupli pendant la période de suspension.
- Le compte professionnel de prévention (C2P) reste inchangé : il continue de permettre aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles d’accumuler des points pour partir plus tôt à la retraite, suivre une formation ou aménager leur fin de carrière.
- Les régimes spéciaux restent également concernés : la réforme de 2023 continue de prévoir leur suppression progressive pour les nouveaux embauchés, et la potentielle suspension ne remet pas en cause ce calendrier.
Comment est calculée la pension de retraite depuis la dernière réforme des retraites ?
La formule de calcul de la pension de retraite
Pour les salariés du privé, la pension de retraite de base dépend notamment du revenu annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années, du taux appliqué et de la durée d’assurance validée. D’autres règles peuvent s’appliquer selon le régime de retraite concerné. Si un salarié a eu des périodes de salaire faible, seules ses meilleures années seront prises en compte pour le calcul. Plus une personne cotise, plus sa pension sera élevée, à condition de remplir les trimestres requis.
Les actifs peuvent consulter leur relevé de carrière pour vérifier les trimestres validés et les revenus pris en compte, afin de suivre l’évolution de leurs droits à la retraite et ajuster leur carrière en conséquence.
Majoration et minoration de la pension
Des dispositifs de majoration existent pour certains assurés, comme les parents ayant eu des enfants, les carrières longues ou les travailleurs handicapés. Par exemple, des trimestres peuvent être attribués pour la naissance d’un enfant ou pour avoir élevé des enfants. Les carrières longues permettent également d’obtenir une retraite à taux plein plus tôt, et des dispositifs existent pour les travailleurs handicapés.
Voici les 4 cas possibles si vous avez commencé à travailler jeune :
- avant 16 ans : départ à 58 ans.
- avant 18 ans : départ à 60 ans.
- avant 20 ans : départ à 62 ans.
- avant 21 ans : départ à 63 ans.
À l’inverse, partir à la retraite avant d’avoir validé tous les trimestres requis entraîne une minoration de la pension. En pratique, chaque trimestre manquant réduit le montant de la pension de retraite, ce qui peut avoir un impact considérable sur le niveau de vie des retraités.
L’historique des réformes de la retraite
La réforme de 1993
Cette réforme a allongé la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans pour le secteur privé et modifié la base de calcul en prenant en compte les 25 meilleures années de salaire, contre 10 auparavant. Ce changement a permis de mieux refléter les salaires réels des travailleurs tout en équilibrant le système de retraite.
L’échec de la réforme de 1995
Le gouvernement d’Alain Juppé a tenté de réformer les régimes de retraite spéciaux, mais la forte mobilisation sociale a conduit à son abandon. Les grèves massives et les manifestations ont fait reculer l’exécutif, mais cette tentative a jeté les bases des réformes qui allaient suivre, notamment en matière de régimes spéciaux.
La réforme de 2003
Cette réforme a étendu la durée de cotisation à 41 ans pour les fonctionnaires et introduit des mesures de pénibilité. Elle a également encouragé le développement de dispositifs d’épargne retraite complémentaire pour aider les actifs à mieux préparer leur départ à la retraite, afin de compenser les déficits futurs du système de retraite public.
La réforme de 2010
Mise en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy, cette réforme a porté l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans et a augmenté la durée de cotisation pour atteindre progressivement 41,5 ans. Elle a aussi introduit des mécanismes de départ anticipé pour les carrières longues, en permettant à ceux qui avaient commencé à travailler jeune de partir plus tôt.
La réforme de 2012
Un décret du 2 juillet 2012 a assoupli le dispositif des carrières longues instauré en 2010. Les principales mesures incluent : l’âge limite auquel l’assuré doit avoir commencé à travailler est porté de 18 à 20 ans. Deux trimestres de chômage indemnisé et deux trimestres supplémentaires liés à la maternité sont désormais pris en compte dans le calcul des périodes cotisées.
La réforme de 2023
Avec le report progressif de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans et l’accélération de l’allongement de la durée d’assurance jusqu’à 172 trimestres, la réforme de 2023 a entraîné de vives contestations sociales. La LFSS 2026 ne supprime pas cette réforme, mais suspend temporairement une partie de son calendrier pour les générations 1964 à 1968.
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Quelle année de naissance est concernée par la réforme des retraites ?
La suspension de la réforme des retraites concerne principalement les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour ces générations, l’âge légal de départ est temporairement plus favorable que celui prévu par la réforme de 2023. Les personnes nées à partir de 1969 restent concernées par l’âge légal de départ à 64 ans.
Qu'est-ce qui change pour la retraite en 2026 ?
En 2026, certaines étapes de la réforme des retraites de 2023 sont temporairement suspendues. À partir du 1er septembre 2026, les personnes nées entre 1964 et 1968 peuvent bénéficier d’un âge légal de départ plus favorable. La suspension concerne aussi certains départs anticipés pour carrière longue.
Puis-je partir à la retraite à 60 ans avec 172 trimestres ?
Oui, un départ à 60 ans peut être possible dans le cadre du dispositif carrière longue, à condition d’avoir commencé à travailler jeune et de remplir les conditions de durée d’assurance exigées. Le fait d’avoir 172 trimestres ne suffit pas toujours à lui seul : votre âge de début d’activité et les trimestres réellement retenus pour la carrière longue sont aussi pris en compte.
Quel âge pour la retraite en 2026 ?
L’âge légal dépend de votre année de naissance. Avec la suspension temporaire, les personnes nées en 1964 peuvent partir à 62 ans et 9 mois, celles nées en 1966 à 63 ans et 3 mois, celles nées en 1967 à 63 ans et 6 mois, et celles nées en 1968 à 63 ans et 9 mois. Pour les personnes nées à partir de 1969, l’âge légal de départ à la retraite est prévu à 64 ans.
Quel est l’âge de la retraite à taux plein en 2026 ?
L’âge du taux plein dépend de votre génération et du nombre de trimestres validés. La suspension de la réforme modifie temporairement l’âge légal et, pour certaines générations, la durée d’assurance requise. Par exemple, les personnes nées en 1964 devront valider 170 trimestres au lieu de 171. Les personnes nées au premier trimestre 1965 sont également concernées par 170 trimestres, tandis que celles nées entre avril et décembre 1965 devront valider 171 trimestres.
Est-il possible d'arrêter de travailler avant l'âge légal de la retraite ?
Oui, vous pouvez arrêter de travailler avant l’âge légal, mais vous ne percevrez pas forcément votre pension immédiatement. Pour toucher une retraite avant l’âge légal, vous devez relever d’un dispositif spécifique, comme la carrière longue, le handicap, l’invalidité, l’incapacité permanente ou certains dispositifs liés à la pénibilité. Sinon, vous devrez attendre d’avoir atteint l’âge légal applicable à votre génération.