Vous envisagez de quitter votre poste pour un nouveau projet, mais vous craignez de perdre vos droits ? La rupture conventionnelle est une solution de plus en plus plébiscitée pour quitter l’administration tout en bénéficiant d’une indemnité et du chômage. Mais comment se passe une rupture conventionnelle dans la fonction publique ? Est-ce possible en 2026 ? On vous explique.
Oui, vous pouvez faire une rupture conventionnelle en tant qu’ancien agent de la fonction publique. Le dispositif de la rupture conventionnelle dans la fonction publique est définitivement ancré dans le droit administratif. Après une phase de test concluante débutée en 2020, l’État a pérennisé ce dispositif pour offrir aux agents la même flexibilité que dans le secteur privé.
La rupture conventionnelle dans la fonction publique est accessible aux fonctionnaires et aux contractuels, mais avec des nuances :
Ainsi, selon votre statut et votre type de contrat, vous aurez plus ou moins accès à la rupture conventionnelle en tant qu’agent du secteur public.
Vous pouvez obtenir une rupture conventionnelle en respectant certaines conditions :
Ainsi, l’élément clé est le consentement mutuel. Vous ne pouvez pas être contraint de signer une rupture conventionnelle. Pour que la procédure soit valide, elle doit respecter un formalisme précis incluant un ou plusieurs entretiens préalables. Ces échanges permettent de fixer la date de fin de contrat et surtout, le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC).
Il n’y a pas de liste exhaustive de « bons » motifs imposés par la loi. Cependant, pour convaincre votre hiérarchie, certains projets sont plus souvent acceptés :
Que vous soyez dans la Fonction Publique d’État (FPE), Territoriale (FPT) ou Hospitalière (FPH), les règles de calcul de l’indemnité sont identiques. Cependant, les interlocuteurs varient. Dans la FPT, la décision dépend de l’autorité territoriale (maire, président de conseil départemental), tandis que dans la FPH, c’est le directeur de l’établissement hospitalier qui valide l’accord.
Le montant de l’indemnité est négocié, mais il est encadré par des planchers et des plafonds légaux basés sur votre ancienneté et votre rémunération brute globale de l’année civile précédant la rupture. Par exemple, pour une rupture en 2026, vous pouvez toucher ces montants :
| Ancienneté de l'agent | Montant minimum de l'indemnité |
| Moins de 10 ans | 1/4 de mois de rémunération brute par année |
| Entre 10 et 15 ans | 2/5 de mois de rémunération brute par année |
| Entre 15 et 20 ans | 1/2 de mois de rémunération brute par année |
| Entre 20 et 24 ans | 3/5 de mois de rémunération brute par année |
L’indemnité de rupture conventionnelle est plafonnée à l’équivalent de deux ans de rémunération brute annuelle (soit 24/12ᵉ).
Pour entamer une rupture conventionnelle en tant que fonctionnaire ou agent public, vous devez suivre un parcours administratif rigoureux :
Le temps administratif est souvent long. Comptez en moyenne 3 à 6 mois entre votre première lettre et votre départ effectif. Voici les délais légaux compressibles (qui peuvent être réduits ou adaptés selon la situation) :
Oui, l’administration a le droit de refuser votre demande sans avoir à se justifier de manière exhaustive. Un refus de rupture conventionnelle n’est pas une fatalité. Si votre demande de rupture conventionnelle a été rejeté, vous avez plusieurs recours possibles.
Si votre première demande a été refusée, vous pouvez demander un second entretien afin de présenter plus clairement votre projet et vos motivations.
Vous devriez en profiter pour préparer des arguments concrets : si vous êtes en projet de reconversion professionnelle, si c’est pour des raisons de santé, si vous êtes à la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle… Vous pouvez également montrer en quoi votre départ pourrait être bénéfique pour l’administration, par exemple dans le cadre d’une réorganisation ou d’une réduction d’effectifs.
Les représentants syndicaux peuvent aussi jouer un rôle utile pour soutenir votre demande auprès de votre hiérarchie.
N’hésitez pas à contacter votre syndicat (CFDT, CGT, FO, etc.). Ils connaissent souvent les pratiques de votre administration et peuvent vous conseiller ou intervenir pour appuyer votre dossier, notamment durant des échanges avec la direction ou dans certaines instances comme la commission administrative paritaire.
Si l’administration maintient son refus, vous pouvez aussi envisager d’autres options. Par exemple, la disponibilité pour convenances personnelles vous permet de suspendre temporairement votre activité dans la fonction publique, généralement pour une durée pouvant aller jusqu’à trois ans renouvelables. Pendant cette période, vous ne percevez pas de rémunération, mais vous conservez un lien avec l’administration.
La démission constitue une autre possibilité, mais elle est irrévocable et doit donc être envisagée avec prudence. Dans certains cas, elle peut toutefois ouvrir droit à l’allocation chômage, sous certaines conditions.
Avant de prendre une décision, vous devriez échanger avec votre service des ressources humaines afin d’identifier la solution la plus adaptée à votre situation, à votre ancienneté et à vos projets (formation, reconversion, création d’entreprise, etc.).
Oui, en tant qu’ancien agent public, vous êtes considéré comme ayant été involontairement privé de votre emploi. Vous pouvez donc prétendre à l’Allocation de retour à l’emploi (ARE) versée par France Travail (ou par votre ancienne administration).
Si vous souhaitez percevoir l’ARE, l’inscription comme demandeur d’emploi à France Travail (ex-Pôle emploi) est obligatoire dans les 12 mois suivant la fin des fonctions, avec validation d’un projet de retour à l’emploi. Vous devez également avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois (on l’appelle la durée d’affiliation).
Le calcul du chômage dépend de vos salaires des 24 derniers mois et de votre âge. En 2026, le montant brut journalier de l’ARE représente environ 40,4 % du salaire journalier de référence +13,18 € (ou 57 % de votre SJR selon la formule la plus avantageuse). Pour éviter toute mauvaise surprise, utilisez le simulateur Mes Allocs pour connaître précisément vos futurs revenus.
La rupture conventionnelle dans la fonction publique se déroule en 4 étapes : demande écrite par l'une des parties, entretien obligatoire, signature de la convention et rétractation facultative de 15 jours ; elle prend effet sans homologation, avec indemnité spécifique et droit au chômage.
Pour quitter la fonction publique en touchant le chômage, vous pouvez conclure une rupture conventionnelle avec votre administration qui ouvre droit à l'ARE.
Après une rupture conventionnelle dans la fonction publique, vous avez droit aux allocations chômage (ARE) si vous avez suffisamment cotisé (au moins 130 jours travaillés ou équivalent).
Les principaux inconvénients de la rupture conventionnelle dans la fonction publique incluent la perte définitive du statut de fonctionnaire (radiation des cadres), l'obligation de rembourser l'indemnité spécifique de rupture si réembauché dans la fonction publique d'État dans les 6 ans suivants, et des délais incompressibles.
La rupture conventionnelle est nettement plus avantageuse que la démission dans la fonction publique, car elle ouvre droit aux allocations chômage sous conditions et prévoit une indemnité spécifique minimale, contrairement à la démission ne donnent droit à aucun des deux.
Pour quitter la fonction publique sans démissionner, vous devriez opter pour la rupture conventionnelle, la mise en disponibilité, le détachement ou l'indemnité de départ volontaire si elle est proposée par votre administration.