Quitter son emploi pour créer son entreprise est une décision structurante dans une carrière professionnelle. Cette transition, souvent motivée par une recherche d’indépendance ou de nouveaux défis, doit cependant respecter un cadre juridique précis. Avant de lancer votre activité, il est essentiel de comprendre les règles qui encadrent votre départ, les dispositifs existants pour sécuriser votre transition et les démarches nécessaires pour créer votre entreprise en conformité avec la loi.
Le droit du travail encadre les conditions de rupture du contrat de travail, notamment aux articles L1237-1 à L1237-1-1 du Code du travail. Les règles diffèrent selon que vous êtes en CDI ou en CDD.
Lorsque vous êtes titulaire d’un contrat à durée indéterminée, vous pouvez démissionner librement afin de créer votre entreprise. La démission ne nécessite pas de justification particulière, même si votre projet entrepreneurial est clairement identifié.
La principale obligation concerne le respect du préavis, dont la durée est fixée par votre contrat de travail ou votre convention collective. Pendant cette période, vous conservez votre statut de salarié, sauf si votre employeur accepte de vous dispenser d’exécuter ce préavis.
Avant de quitter l’entreprise, il est important d’analyser certaines clauses contractuelles susceptibles d’avoir un impact sur votre future activité.
La clause de non-concurrence peut limiter votre possibilité d’exercer dans le même secteur ou auprès des mêmes clients. Pour être juridiquement valable, elle doit être :
En l’absence de ces conditions, elle peut être contestée.
La clause de dédit-formation peut également prévoir le remboursement d’une formation financée par l’employeur en cas de départ anticipé.
Enfin, le congé pour création ou reprise d’entreprise constitue une alternative intéressante à la démission. Ce dispositif permet de suspendre temporairement le contrat de travail afin de tester la viabilité du projet entrepreneurial.
Le contrat à durée déterminée repose sur un terme précis. En principe, il ne peut pas être rompu librement pour créer une entreprise.
Une rupture anticipée reste néanmoins possible dans certaines situations prévues par la loi :
Une rupture non justifiée peut entraîner le versement de dommages et intérêts. Une analyse préalable de la situation contractuelle est donc recommandée.
Plusieurs dispositifs permettent d’organiser une transition progressive vers l’entrepreneuriat.
La rupture conventionnelle permet de mettre fin au contrat de travail d’un commun accord avec l’employeur. Elle ouvre généralement droit à l’allocation chômage, ce qui peut sécuriser le lancement de l’activité.
Ce congé permet de suspendre temporairement la relation de travail afin de tester votre projet. Il constitue une solution adaptée lorsque l’activité est encore en phase de validation.
Dans certaines entreprises, il est possible d’aménager son temps de travail afin de développer son activité en parallèle, sous réserve du respect des obligations contractuelles.
Le choix du statut juridique influence directement la fiscalité de l’entreprise, la protection sociale du dirigeant et les obligations comptables.
Parmi les structures possibles figurent notamment :
Régie notamment par l’article 50-0 du Code général des impôts, la micro-entreprise permet de bénéficier d’un régime simplifié. Les charges sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé.
Ce statut est souvent choisi pour démarrer une activité avec un niveau de risque limité.
L’entreprise individuelle permet de déduire les charges réelles et offre aujourd’hui une séparation automatique entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel, renforçant la sécurité juridique de l’entrepreneur.
L’EURL constitue une société à associé unique. Elle permet de structurer l’activité et d’organiser plus facilement l’entrée d’un associé ultérieurement.
La SASU se caractérise par une grande liberté statutaire. Elle permet notamment d’organiser librement la gouvernance et les modalités de rémunération du dirigeant.
Ces formes sociales sont adaptées aux projets impliquant plusieurs associés. Elles permettent d’encadrer juridiquement la répartition des pouvoirs et la prise de décision collective.
Une fois votre départ sécurisé, comment créer une entreprise ? Plusieurs formalités doivent être réalisées pour donner une existence légale à votre activité.
La définition précise de votre activité, de votre cible et de votre modèle économique influence directement le choix du statut juridique et les obligations légales.
Dans le cadre d’une société, les statuts constituent le document fondateur qui organise le fonctionnement de l’entreprise.
Le dépôt du capital sur un compte dédié permet d’obtenir l’attestation nécessaire à l’immatriculation.
Cette formalité permet d’informer officiellement les tiers de la création de la société.
La création s’effectue désormais via le Guichet unique. Une fois le dossier validé, l’entreprise reçoit ses numéros SIREN et SIRET et acquiert une existence juridique.
Astuce : bien que ces démarches soient possibles seul, vous pouvez également choisir de vous faire accompagner pour plus de sérénité. Un avocat, un juriste ou encore un site spécialisé comme Legalstart sont idéaux pour ça.
L’entrepreneur doit notamment :
Plusieurs dispositifs peuvent accompagner le lancement de l’activité :
La démission n’ouvre pas automatiquement droit à l’allocation chômage. Une démission pour reconversion professionnelle incluant un projet entrepreneurial peut toutefois être examinée par une commission après validation du projet.
Il est recommandé de vérifier les clauses contractuelles, le préavis applicable, les dispositifs alternatifs à la démission et la solidité financière du projet avant toute décision.