[Mis à jour le 26/02/2026] Sébastien Lecornu a présenté le projet de budget 2026 à l’Assemblée nationale le 14 octobre lors de sa déclaration de politique générale. En l’absence d’adoption définitive du budget avant le 31 décembre, une loi spéciale avait été voté en attendant. À partir du 19 janvier 2026, le Premier ministre a engagé la responsabilité du gouvernement (article 49.3) à trois reprises : le 19 janvier sur les recettes, le 23 janvier sur les dépenses et le 30 janvier sur l’ensemble du budget. Après rejet des motions de censure, la loi de finances a été considérée comme adoptée le 2 février et promulguée le 19 février 2026. Voici ce qui pourrait changer pour vous en 2026.
Le 19 janvier, Sébastien Lecornu a annoncé le recours à l’article 49.3 pour faire adopter le budget 2026 sur la partie recettes, revenant sur sa promesse de privilégier le dialogue parlementaire. Ce recours au 49.3, déjà utilisé de nombreuses fois sous la Ve République, engage la responsabilité du gouvernement et permet de faire adopter un texte de loi sans passer par le vote des députés. Après plusieurs semaines de discussions sans accord et des concessions faites aux socialistes, qui ont accepté de ne pas voter une motion de censure, il a expliqué ce choix par la nécessité d’éviter une crise politique et de réduire le déficit public à 5 % du PIB afin de préserver la crédibilité financière de la France.
Le 30 janvier, le Premier ministre a engagé la responsabilité du gouvernement lors du vote final sur le budget. Deux motions de censure ont ensuite été présentées, mais rejetées le 2 février 2026. Le projet de loi de finances a donc été considéré comme adopté définitivement par l’Assemblée nationale.
La loi de finances a été promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le 20 février.
Le budget 2026 va rimer avec vigueur. Le gouvernement doit baisser la dette abyssale dans le pays sans en même temps toucher à la croissance. Plusieurs mesures pourraient toucher directement votre pouvoir d’achat.
Initialement, le gouvernement avait envisagé un gel des pensions de base en 2026. Cette piste a finalement été écartée : les pensions de retraite ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026.
La prime d’activité augmente nettement en 2026 à partir du 1ᵉʳ avril 2026, pour environ 3 millions de foyers aux revenus modestes, surtout ceux payés au SMIC ou un peu plus. En moyenne, cela représente un gain supplémentaire d’environ 50 € par mois. Annoncée par le Premier ministre, cette mesure vise à améliorer le pouvoir d’achat sans augmenter les impôts. Le montant forfaitaire de base reste de 633,21 € par mois pour une personne seule (montant avant la revalorisation d’avril 2026), puis augmente en fonction de la composition du foyer.
Plusieurs scénarios ont envisagé une non-revalorisation de certaines prestations en 2026. Finalement, le cadre retenu prévoit une revalorisation indexée sur l’inflation en 2026 pour les prestations concernées, y compris les aides au logement (APL) et les prestations familiales. Les minima sociaux vont avoir droit à une revalorisation de 0,9 % à partir du 1er avril 2026.
Le barème de l’impôt sur le revenu pour 2026 a été légèrement relevé, d’environ 0,9 %, dans le cadre du projet de loi de finances. Cette décision, prise après les débats au Parlement, permet de tenir compte en partie de l’inflation et d’éviter que des ménages paient plus d’impôts uniquement à cause de la hausse des prix. Concrètement, le seuil d’entrée dans la tranche à 11 % passe à 11 601 € par part, contre 11 497 € auparavant, ce qui limite le nombre de nouveaux foyers imposables.
Le budget 2026 s’attaque également aux dépenses fiscales. Au total, 23 niches fiscales seront totalement supprimées sur les 474 existantes :
Le budget de la Sécurité sociale (le PLFSS 2026) table sur un déficit ramené à près de 19,6 milliards d’euros. Le déficit du budget de la sécurité sociale est de 23 milliards d’euros en 2025. Donc les dépenses de santé continueront d’augmenter, mais plus lentement. Dans la version définitive du PLFSS, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) est relevé d’environ 3 % au lieu de 1,6 %. Des économies sont attendues sur le prix des médicaments et sur la gestion des arrêts maladies, qui ont considérablement augmenté depuis 15 ans.
Une taxe sur les petits colis étrangers est prévue d’être intégrée au budget 2026. Elle prévoit une nouvelle taxe de 2 € par article pour les envois de moins de 150 € en provenance de pays hors Union européenne. La taxe s’applique à partir du 1ᵉʳ mars 2026.
Enfin, l’avantage fiscal prévu au Superéthanol E85 va être réduit. Ce carburant, produit en France par des résidus agricoles, séduit beaucoup d’automobilistes pour son prix bas. En effet, le litre d’E85 s’affiche actuellement autour de 70 centimes. Le projet initial prévoyait une réduction de l’avantage fiscal sur le Superéthanol E85 et le biocarburant B100, mais cette mesure a été abandonnée : les avantages fiscaux sont maintenus.
Le projet de loi de finances 2026 prévoit de supprimer les APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne et non boursiers, à partir du 1ᵉʳ juillet 2026. Cette réforme concerne plus de 300 000 étudiants extra-européens, qui perdront entre 100 et 250 € par mois à partir de la rentrée 2026, tandis que les étudiants européens et les boursiers sociaux restent éligibles.
Le dispositif Relance Logement a été annoncé le 23 janvier 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu et mis en place sous l’égide du ministre du Logement Vincent Jeanbrun, dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Ce dispositif vise à construire 400 000 logements par an en France, dont 50 000 locatifs privés et 125 000 logements sociaux dès 2026, grâce à des incitations fiscales et des simplifications administratives.
Le cœur du dispositif, le plan fiscal Jeanbrun, permet d’exonérer d’impôt les loyers plafonnés pendant au moins 9 ans et de déduire jusqu’à 16 000 € sur 10 ans pour des logements neufs ou anciens rénovés.
En cours de déploiement via une loi au Parlement et un budget de 500 M€ pour le logement social, le plan prévoit aussi des zones prioritaires à construire, des conversions bureaux-logements et des garanties contre les impayés.
La généralisation du repas à 1 € dans les restaurants universitaires (CROUS) a été votée dans le budget 2026 et entrera en vigueur dès le 1er mai 2026 pour tous les étudiants, boursiers ou non, afin de soutenir leur pouvoir d’achat face à la précarité. Cette généralisation comprend la France métropolitaine mais également les départements d’outre-mer.
MaPrimeRénov’ et les autres aides de l’Anah (MaPrimeAdapt’ et MaPrimeLogement Décent) ont rouvert le 23 février 2026, après une suspension depuis le 1er janvier liée à l’absence de budget. Annoncée par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, cette réouverture allonge les délais de traitement des dossiers, tout en maintenant les plafonds et critères d’éligibilité pour les ménages modestes à aisés.
La Contribution sociale généralisée (CSG) augmente sur certains revenus du capital, comme les dividendes, plus-values mobilières ou intérêts de placements, passant de 9,2 % à 10,6 %. Au total, les prélèvements sociaux sur ces revenus passent de 17,2 % à 18,6 %.
Cette hausse, qui doit rapporter 2,5 milliards d’euros supplémentaires, ne concerne pas les revenus fonciers, les plus-values immobilières, l’assurance-vie ou l’épargne-logement, qui restent à 9,2 %. Elle s’applique aux revenus du patrimoine et aux produits de placement.
Un nouveau congé de naissance d’1 ou 2 mois par parent, indemnisé à 70 % du salaire net le 1er mois et 60 % le 2ᵉ, a été créé. Il peut être fractionné et pris en même temps ou en alternance, après les congés maternité ou paternité, dans les 9 mois suivant la naissance. Ce congé supplémentaire de naissance est effectif à partir du 1er juillet 2026 pour les enfants nés dès janvier. Il vise à soutenir la natalité et l’égalité hommes-femmes, sans remplacer le congé parental actuel.
Mardi 23 décembre 2025, l’Assemblée nationale et le Sénat avaient adopté la mise en place d’une loi spéciale. Elle permettait à l’État français de continuer à fonctionner malgré l’absence de budget voté pour 2026. Elle interdissait toute nouvelle dépense ou mesure supplémentaire, ce qui a suspendu des dispositifs comme MaPrimeRénov’ pour les nouveaux dossiers, maintient les règles fiscales et les abattements sur les retraites, et fige les projets financiers des ménages. En attendant l’adoption du budget, seuls les paiements déjà engagés étaient assurés, laissant les particuliers et les collectivités dans une situation de stagnation administrative et financière.
Par ailleurs, sans vote d’une loi de finances, le barème de l’impôt sur le revenu n’était pas ajusté à l’inflation. Résultat : environ 200 000 foyers qui ne payaient pas d’impôt jusqu’ici pourraient devenir imposables en 2026, simplement parce que leurs revenus augmentent alors que les seuils restent figés. Cette situation a pris fin dès la promulgation de la loi de finances 2026.