[Mis à jour le 27/01/2026] Sébastien Lecornu a présenté le projet de budget 2026 à l’Assemblée nationale le 14 octobre lors de sa déclaration de politique générale. En l’absence d’adoption définitive du budget avant le 31 décembre, une loi spéciale avait été voté en attendant. Mais le 19 janvier 2026, le Premier ministre a décidé d’avoir recours au 49.3 pour faire passer le projet de budget 2026. Voici ce que le texte prévoit et ce qui pourrait changer pour vous.
Le 19 janvier, Sébastien Lecornu a annoncé le recours à l’article 49.3 pour faire adopter le budget 2026, revenant sur sa promesse de privilégier le dialogue parlementaire. Ce recours au 49.3, déjà utilisé de nombreuses fois sous la Ve République, engage la responsabilité du gouvernement et permet de faire adopter un texte de loi sans passer par le vote des députés. Après plusieurs semaines de discussions sans accord et des concessions faites aux socialistes, qui ont accepté de ne pas voter une motion de censure, il a expliqué ce choix par la nécessité d’éviter une crise politique et de réduire le déficit public à 5 % du PIB afin de préserver la crédibilité financière de la France.
Le budget 2026 va rimer avec vigueur. Le gouvernement doit baisser la dette abyssale dans le pays sans en même temps toucher à la croissance. Plusieurs mesures pourraient toucher directement votre pouvoir d’achat.
Initialement, le gouvernement avait envisagé un gel des pensions de base en 2026. Cette piste a finalement été écartée : les pensions de retraite ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026.
La prime d’activité augmente nettement en 2026 avec le budget, pour environ 3 millions de foyers aux revenus modestes, surtout ceux payés au SMIC ou un peu plus. En moyenne, cela représente un gain supplémentaire d’environ 50 € par mois. Annoncée par le Premier ministre, cette mesure vise à améliorer le pouvoir d’achat sans augmenter les impôts. Le montant forfaitaire de base reste de 633,21 € par mois pour une personne seule (montant revalorisé en avril 2025), puis augmente en fonction de la composition du foyer.
Plusieurs scénarios ont envisagé une non-revalorisation de certaines prestations en 2026. Finalement, le cadre retenu prévoit une revalorisation indexée sur l’inflation en 2026 pour les prestations concernées, y compris les aides au logement (APL) et les prestations familiales. Les minima sociaux vont avoir droit à une revalorisation de 0,9 % à partir du 1er avril 2026.
Le barème de l’impôt sur le revenu pour 2026 a été légèrement relevé, d’environ 0,9 %, dans le cadre du projet de loi de finances. Cette décision, prise après les débats au Parlement, permet de tenir compte en partie de l’inflation et d’éviter que des ménages paient plus d’impôts uniquement à cause de la hausse des prix. Concrètement, le seuil d’entrée dans la tranche à 11 % passe à 11 601 € par part, contre 11 497 € auparavant, ce qui limite le nombre de nouveaux foyers imposables.
Le budget 2026 s’attaque également aux dépenses fiscales. Au total, 23 niches fiscales seront totalement supprimées sur les 474 existantes :
Le budget de la Sécurité sociale (le PLFSS 2026) table sur un déficit ramené à 19,4 milliards d’euros. Le déficit du budget de la sécurité sociale est de 23 milliards d’euros en 2025. Donc les dépenses de santé continueront d’augmenter, mais plus lentement. L’ONDAM (objectif national de dépenses d’assurance maladie) atteindrait 270,4 milliards d’euros, soit une hausse limitée à 1,6 %. Des économies sont attendues sur le prix des médicaments et sur la gestion des arrêts maladies, qui ont considérablement augmenté depuis 15 ans.
Une taxe sur les petits colis étrangers est prévue d’être intégrée au budget 2026. Elle prévoit de taxer 5 euros chaque colis expédié par une entreprise située hors Union européenne. Selon le gouvernement, cela représenterait environ 20 % des paquets livrés en France. Et une grande partie de ces petits colis sont souvent expédiés depuis la Chine.
Le budget 2026 prévoit une nouvelle taxe sur les liquides de cigarettes électroniques. De plus en plus populaires depuis de nombreuses années, elles n’étaient soumises à aucune taxe. Et le gouvernement l’a bien compris. Résultat, le texte prévoit une hausse de 0,30 à 0,50 euro pour les fioles de 10 millilitres, selon leur dosage en nicotine. Cette mesure peut être maintenue, ajustée ou encore supprimée.
Enfin, l’avantage fiscal prévu au Superéthanol E85 va être réduit. Ce carburant, produit en France par des résidus agricoles, séduit beaucoup d’automobilistes pour son prix bas. En effet, le litre d’E85 s’affiche actuellement autour de 70 centimes. Mais le gouvernement envisage une hausse progressive des taxes, étalées sur plusieurs années. Pour une prévision de 50 centimes par litre. Dimanche 30 novembre, le Sénat a confirmé que l’augmentation des taxes sur le Superéthanol E85 ne sera finalement pas appliquée en France en 2026.
Le projet de loi de finances 2026 prévoit de supprimer les APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne et non boursiers, selon l’article 67, dans le but de mieux cibler les dépenses publiques et de favoriser une « attractivité sélective » des étudiants internationaux. Cette réforme concernerait plus de 300 000 étudiants extra-européens, qui perdraient entre 100 et 250 € par mois à partir de la rentrée 2026, tandis que les étudiants européens et les boursiers sociaux resteraient éligibles.
Mardi 23 décembre 2025, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté la mise en place d’une loi spéciale. Elle permet à l’État français de continuer à fonctionner malgré l’absence de budget voté pour 2026. Elle interdit toute nouvelle dépense ou mesure supplémentaire, ce qui suspend des dispositifs comme MaPrimeRénov’ pour les nouveaux dossiers, maintient les règles fiscales et les abattements sur les retraites, et fige les projets financiers des ménages. En attendant l’adoption du budget, seuls les paiements déjà engagés sont assurés, laissant les particuliers et les collectivités dans une situation de stagnation administrative et financière.
Par ailleurs, sans vote d’une loi de finances, le barème de l’impôt sur le revenu n’est pas ajusté à l’inflation. Résultat : environ 200 000 foyers qui ne payaient pas d’impôt jusqu’ici pourraient devenir imposables en 2026, simplement parce que leurs revenus augmentent alors que les seuils restent figés. Par ailleurs, la hausse prévue de la taxe sur les petits colis venant de pays hors de l’Union européenne, qui devait passer de 2 à 5 euros, est pour l’instant reportée.