Lorsqu’on évoque la difficulté de retrouver un travail après une période de chômage, ou un premier emploi, on pense le plus fréquemment aux jeunes, qui sont considérés comme un groupe à risque. Pourtant, statistiquement, ils sont loin d’être les seuls concernés : les seniors éprouvent, eux aussi, des difficultés croissantes pour retrouver un emploi. En France comme en Europe, les 55-64 ans, sont confrontés à une véritable crise de l’emploi.
En 2024, 77 % des 55-59 ans étaient en emploi, contre seulement 38,9% des 60-64 ans. Une petite part d’entre eux (3%) cumule retraite et emploi à temps partiel. Pour l’ensemble des 55-64 ans, le taux d’emploi s’élève à 60,4%, contre 82,8% chez les 25-49 ans. Si la tendance s’améliore pour les seniors depuis le début des années 2000, ils restent moins présents que les autres groupes sur le marché du travail.
L’écart est encore plus marqué entre les femmes et les hommes. Les femmes seniors sont moins nombreuses à être en emploi, plus souvent à temps partiel et davantage exposées au sous-emploi. Ces différences se creusent nettement après 55 ans.
Par ailleurs, la France reste en retard par rapport à la moyenne européenne. Or, le maintien en emploi des seniors est devenu une priorité pour l’UE : il permet d’anticiper le vieillissement démographique tout en soutenant la croissance économique.
De leur côté, les seniors se disent de plus en plus nombreux à vouloir continuer à travailler 55 ans passés (par nécessité, ou non). Ils sont également plus en forme et en meilleure santé qu’auparavant. Alors, pourquoi éprouvent-ils donc autant de difficultés à retourner à l’emploi ? L’accès à la formation professionnelle constitue un élément de réponse clé.
Aujourd’hui, se former régulièrement est essentiel : dans un environnement où, la maîtrise de compétences prime parfois sur l’expérience, et où les compétences ont une durée de vie moins élevée, suivre des formations fréquemment permet de maintenir ses compétences à jour et d’en acquérir de nouvelles. Elle favorise également la rétention des talents et améliore la satisfaction des salariés.
Malgré une bonne connaissance des dispositifs et formations disponibles, l’accès à la formation diminue fortement avec l’âge.
Les seniors sont 12% de moins à avoir entrepris une formation professionnelle non-diplômante lors des 12 derniers mois que les moins de 50 ans. Ils sont également 4 fois moins nombreux à avoir entamé une formation diplômante sur cette même année que leurs collègues âgés d’entre 33 et 40 ans. Les 64-69 ans sont les plus touchés par ce phénomène, et seuls 20% d’entre eux ont eu accès à la formation en 2024.
Mais quels sont les freins de l’accès à la formation pour les plus de 50 ans ?
Pourtant, même après 50 ans, la formation reste un atout de taille. Elle permet d’anticiper les évolutions du marché du travail, d’envisager une reconversion et de renforcer son employabilité. Ce mouvement doit toutefois être soutenu et accompagné par les RH et les managers, afin de proposer des formations adaptées aux besoins réels des collaborateurs seniors.
Plusieurs aides existent pour encourager la formation professionnelle, certaines étant spécifiquement destinées aux seniors, et visent à rendre possible la mobilité professionnelle à chaque instant de sa carrière.
Alors que le maintien en emploi des seniors est un objectif prioritaire pour l’Union européenne, leur taux d’activité chute nettement après 55 ans. Cette baisse est encore plus marquée lorsqu’on observe leur accès à la formation, qui tombe à 20 % chez les 64-69 ans.
Pourtant, la formation est un levier puissant : elle permet de lutter contre l’obsolescence des compétences, d’accompagner les transitions professionnelles et de sécuriser les parcours.
La situation évolue néanmoins positivement : de nombreux dispositifs ont été créés pour aider les seniors à rester en emploi ou à en retrouver un.