Votre entreprise traverse une période critique avec une trésorerie tendue, des factures impayées ou un découvert bancaire saturé ? Ces signaux d’alerte ne signifient pas nécessairement la fin, car plusieurs dispositifs publics permettent de reprendre le contrôle rapidement. Ils vous permettent en effet d’étaler vos dettes, de renégocier vos crédits et de renforcer votre fonds de roulement sans attendre l’état de cessation des paiements. En réalité, ces aides sont accessibles tant que votre société reste solvable. Il convient donc d’agir vite. Découvrez ici quelques solutions immédiatement accessibles à toutes les TPE et PME.
Face à l’urgence, la priorité est de préserver votre trésorerie disponible. Pour cela, votre premier réflexe doit être de solliciter la Commission des Chefs de Services Financiers (CCSF). Présent dans chaque département, ce guichet unique a le pouvoir d’accorder des délais de paiement confidentiels pour vos dettes fiscales et sociales (impôts, TVA, cotisations Urssaf).
En clair, si vous êtes à jour de vos déclarations et du paiement de la part salariale des cotisations, vous pouvez négocier un moratoire suspendant les poursuites. Ce dispositif permet d’étaler vos arrivées sur plusieurs mois et offre ainsi une respiration immédiate sur votre compte en banque.
Par ailleurs, c’est souvent le moment opportun pour repenser votre modèle de gestion. À ce titre, certains dirigeants choisissent par exemple de s’appuyer sur le portage salarial pour tester de nouvelles activités ou externaliser certaines missions sans alourdir leur masse salariale fixe. Cela sécurise la structure en période d’incertitude.
Si vos difficultés surviennent d’un blocage avec vos partenaires financiers, la Médiation du Crédit est l’interlocuteur qu’il vous faut. Il s’agit d’un service public gratuit qui intervient lorsque votre banque refuse un financement, dénonce un découvert autorisé ou rejette une demande de rééchelonnement de prêt.
Selon le principe, un médiateur neutre, souvent issu de la Banque de France, reprend le dossier pour rétablir le dialogue et trouver une solution amiable. Dès la saisine du médiateur en ligne, les banques ont l’obligation de maintenir vos lignes de crédit pendant la durée de l’instruction.
Cette pause vous permet de négocier sereinement. Le médiateur peut alors obtenir un maintien des découverts, un rééchelonnement des échéances ou une consolidation de vos dettes à court terme en un prêt à moyen terme.
En dehors des négociations, il est parfois nécessaire d’injecter de l’argent frais pour relancer la machine. De nombreuses régions, en partenariat avec Bpifrance, proposent des Prêts Rebond ou des fonds de soutien spécifiques aux TPE/PME en difficulté conjoncturelle.
Souvent sans garantie personnelle exigée, ces prêts varient de 10 000 à 300 000 euros selon les territoires et bénéficient de taux bonifiés avec un différé de remboursement.
En outre, il existe des avances remboursables ou des subventions exceptionnelles pour certains secteurs particulièrement touchés ou pour financer une transition écologique nécessaire à la survie de l’entreprise. Pour identifier ces aides locales, rapprochez-vous de la cellule Entreprises en difficulté de votre Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou consultez le site les-aides.fr.
Le Tribunal de Commerce dispose d’une mission de prévention méconnue, mais extrêmement efficace pour sauver les entreprises avant qu’il ne soit trop tard. Vous pouvez solliciter un entretien avec le Président du Tribunal ou un juge délégué à la prévention en toute confidentialité.
Si vos difficultés entrent dans un cadre juridique sécurisé, deux procédures amiables s’offrent à vous : le mandat ad hoc et la conciliation. Dans ces cas, le tribunal nomme un professionnel (le mandataire) dont la mission est d’assister le dirigeant pour négocier un accord avec ses principaux créanciers (banques, fournisseurs, organismes publics).