Un changement majeur se profile : le gouvernement envisage de repousser de 14 à 18 ans l’âge de la majoration des allocations familiales. Concrètement, une partie des parents d’ados pourrait toucher moins d’aide dès 2026. Alors, à combien pourrait s’élever précisément la baisse des allocations familiales l’année prochaine et qui serait concerné ? On vous explique.
Actuellement, lorsque l’un de vos enfants atteint 14 ans, une majoration spécifique des allocations familiales est déclenchée. Dans les familles de deux enfants, elle concerne le deuxième enfant dès 14 ans. Dans les familles de trois enfants et plus, chaque enfant de 14 ans et plus déclenche une majoration. Cette aide vise à compenser le surcoût lié à l’adolescence : vêtements, alimentation, activités extrascolaires, transports … autant de dépenses qui augmentent à cet âge.
Cette majoration mensuelle varie selon les ressources de votre foyer. En 2025, si vous avez 2 enfants, la majoration s’élève à :
Ces montants, en vigueur entre avril 2025 et mars 2026, sont fixés par la CAF et réévalués chaque année au 1er avril. Ils concernent un ménage avec deux enfants. Si vous avez plus de deux enfants à charge, simulez votre montant avec notre simulateur en ligne.
Le projet de décret repousserait le déclenchement de la majoration à 18 ans. Ce décalage est présenté par l’exécutif comme un arbitrage budgétaire permettant de financer d’autres priorités, mais il suscite une forte controverse. Selon Capital, le gouvernement cherche à réduire les dépenses de la branche famille d’environ 200 millions d’euros dès 2026, dans un contexte de redressement des comptes publics.
Aujourd’hui, si vous avez deux enfants, vous touchez une petite hausse d’allocations dès que le deuxième a 14 ans. Avec la réforme, cette hausse n’arriverait qu’à ses 18 ans.
Résultat : vous perdriez environ 900 € sur un an, selon votre niveau de revenus. Une somme qui peut vite peser dans un budget familial, surtout à l’âge où les dépenses explosent : vêtements, sorties, cantine, abonnement de transport…
Si vos trois enfants ont déjà passé 14 ans, vous cumulez actuellement trois majorations. Avec la nouvelle règle, ces compléments disparaîtraient jusqu’à leurs 18 ans.
Selon plusieurs estimations (BFMTV, Le Parisien), cela pourrait représenter jusqu’à 2 700 € de moins par an. Autrement dit, les familles nombreuses seraient les plus touchées par cette mesure.
Vous ne serez a priori pas concerné si vous profitez déjà aujourd’hui de la majoration (enfants de 14–17 ans avant l’entrée en vigueur) : le gouvernement évoque une application « en flux », sans revenir sur les droits existants. En revanche, si votre enfant atteint 14 ans après l’entrée en vigueur, la majoration serait décalée à ses 18 ans.
L’exécutif présente cette réforme comme un rééquilibrage, et non une simple coupe budgétaire. Les 200 millions d’euros économisés grâce au report de la majoration serviraient à financer un nouveau congé de naissance, plus long et mieux indemnisé, qui viendrait compléter le congé maternité et paternité existants.
Concrètement, ce futur congé permettrait à chaque parent de prendre jusqu’à deux mois supplémentaires pour accueillir son enfant, sans perte totale de revenu. L’objectif affiché : favoriser un meilleur partage des tâches parentales et donner plus de temps aux familles après l’arrivée d’un bébé.
Mais beaucoup dénoncent une priorité mal placée. Pour Capital ou Le Parisien, il s’agit d’une baisse déguisée de pouvoir d’achat pour les familles déjà installées. « C’est au moment où les enfants coûtent le plus qu’on réduit l’aide », regrette une mère interrogée par Le Parisien. De son côté, l’économiste Nicolas Bouzou y voit « une réforme cohérente sur le papier, mais socialement risquée », car elle pourrait accentuer le sentiment d’abandon chez les classes moyennes, déjà fragilisées par la hausse des prix.
Le gouvernement vise une application en 2026. Plusieurs médias évoquent un calendrier possible dès le printemps 2026, sous réserve de publication du décret et des textes d’application. Mes Allocs vous informera rapidement quand le décret sera mis en place.