[Mis à jour le 21/05/2026] Chaque année, la question de la journée de solidarité se pose pour les salariés, notamment à l’approche du lundi de Pentecôte. En 2026, cette journée symbolique, instaurée pour financer les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, tombe le lundi 25 mai. Comment fonctionne cette journée ? Êtes-vous concerné ? Devez-vous travailler ce jour-là ? Voici tout ce qu’il faut savoir.
Instituée en 2004 après la canicule de 2003, la journée de solidarité sert à financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Prévue initialement le lundi de Pentecôte, sa date est aujourd’hui assouplie.
Concrètement, il s’agit d’une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour les salariés, conformément à l’article L. 3133-7 du Code du travail.
Les fonds récoltés via la journée de solidarité sont destinés à alimenter la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Cette caisse finance notamment des aides et actions en faveur des personnes âgées, des personnes handicapées, ainsi que des structures médico-sociales.
La journée de solidarité consiste en 7 heures de travail non rémunéré pour les salariés à temps plein. Les modalités d’application, comme le choix du jour ou l’organisation pratique, sont décidées par accord collectif ou, à défaut, par l’employeur après consultation des représentants du personnel lorsqu’ils existent.
La journée de solidarité peut être fixée :
En 2026, le lundi de Pentecôte tombe le lundi 25 mai. Si votre entreprise a choisi de fixer la journée de solidarité à cette date, vous devrez alors travailler ce jour-là, sauf si une autre organisation a été prévue, comme le travail d’un autre jour férié ou l’ajout d’heures sur d’autres journées.
Le lundi de Pentecôte peut rester un jour férié chômé classique si votre convention collective, un accord d’entreprise ou votre employeur l’a décidé autrement. Dans ce cas, vous n’êtes pas obligé de travailler ce jour-là au titre de la journée de solidarité.
Quel que soit votre contrat de travail, que vous soyez en CDD, en CDI ou en intérim, vous êtes concerné par la journée de solidarité. Cependant, l’obligation doit rester compatible avec la durée de votre contrat, notamment pour les CDD et les intérimaires.
En principe, les travailleurs mineurs sont soumis à la journée de solidarité. Cependant, si celle-ci est fixée un jour férié, les salariés de moins de 18 ans ne sont pas concernés, car le travail des mineurs est en principe interdit lors des jours fériés, sauf exceptions prévues par la loi.
Si un accord collectif choisit un jour non férié pour réaliser la journée de solidarité, il appartient aux partenaires sociaux de préciser les conditions d’application pour ces jeunes salariés.
Les salariés à temps partiel sont eux aussi concernés par la journée de solidarité. Toutefois, la limite de 7 heures est réduite proportionnellement à leur durée de travail. Par exemple, pour un salarié à mi-temps, la journée de solidarité représentera 3,5 heures de travail.
Les heures effectuées au-delà de ce quota sont rémunérées normalement.
Dans la fonction publique, la journée de solidarité correspond également à une journée de travail supplémentaire non rémunérée. Elle peut être réalisée de différentes manières : en travaillant le lundi de Pentecôte ou un autre jour férié habituellement chômé, à l’exception du 1er mai, en supprimant une journée de RTT, ou encore par toute autre organisation permettant d’effectuer 7 heures de travail supplémentaires, à condition toutefois de ne pas supprimer un jour de congé annuel. Par exemple, pour les enseignants, cette journée peut être accomplie en travaillant en dehors du temps scolaire.
La journée de solidarité est une journée de travail supplémentaire qui n’entraîne pas de rémunération supplémentaire pour les salariés mensualisés. Elle ne réduit pas non plus leur salaire habituel. En effet, pour les salariés, les 7 heures de travail prévues dans ce cadre sont incluses dans la rémunération mensuelle sans supplément. Quant aux cadres payés au forfait jours, ils effectuent cette journée sans modification de leur traitement. Les travailleurs intérimaires et les salariés saisonniers, qui sont rémunérés à l’heure, perçoivent en revanche un salaire normal pour les heures travaillées lors de la journée de solidarité.
Non, les heures de travail correspondant à la journée de solidarité ne bénéficient pas d’une majoration salariale. Elles sont considérées comme du temps de travail ordinaire dans la limite de 7 heures pour les salariés mensualisés. Au-delà de ces 7 heures, les heures supplémentaires sont comptabilisées selon le régime habituel : elles sont alors rémunérées et, le cas échéant, majorées ou compensées par du repos, conformément aux règles applicables dans l’entreprise. Pour les salariés en forfait jours, la journée supplémentaire est intégrée au forfait sans générer de majoration particulière.
Les salariés en congé au moment de la journée de solidarité ne sont pas obligés de l’effectuer ce jour-là. L’employeur ne peut pas imposer l’annulation d’un congé déjà accepté pour faire accomplir la journée de solidarité. De même, si un salarié est en arrêt maladie, il n’est pas tenu de participer à cette journée pendant son arrêt.
La participation à la journée de solidarité est obligatoire lorsque ses modalités ont été fixées dans l’entreprise. Vous ne pouvez donc pas refuser de l’effectuer sans motif valable. Cependant, vous pouvez demander à poser un jour de congé payé. Votre employeur reste libre de l’accepter ou de le refuser, selon les règles habituelles applicables aux congés dans l’entreprise.
Lorsqu’un salarié change d’entreprise en cours d’année, il n’est pas obligé de faire deux journées de solidarité. Si cette journée a déjà été effectuée dans l’ancienne entreprise, une rémunération supplémentaire est due en cas de nouvelle participation chez le nouvel employeur. Ces heures doivent alors être rémunérées comme des heures supplémentaires ou complémentaires, selon le cas. Le salarié peut aussi refuser d’accomplir une deuxième journée de solidarité sans que ce refus constitue une faute ou un motif de sanction.