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Aides sociales

Budget de la Sécurité sociale : ce qui change pour vous en 2026

Article rédigé par Marlyse Perramant le 31 décembre 2025 - 9 minutes de lecture

[Mis à jour le 31/12/2025] La Sécurité sociale (maladie, retraites, famille, autonomie…) va fonctionner en 2026 avec un budget désormais fixé. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été adopté définitivement le mardi 16 décembre 2025 à l’Assemblée nationale. Validé par le Conseil constitutionnel le 30 décembre 2025, il entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Mais il acte plusieurs mesures susceptibles d’avoir un impact concret sur votre quotidien : départ à la retraite, congés liés à l’arrivée d’un enfant, indemnisation et encadrement des arrêts maladie, ou encore conséquences possibles sur les contrats de complémentaire santé. On vous explique ce qui change pour vous en 2026.

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Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qu’est-ce que c’est ?

Chaque année, le Parlement prépare le budget de la Sécurité sociale pour l’année à venir en adoptant le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), proposé par le gouvernement. Mis en place en 1996, ce document s’ajoute au projet de loi de finances (PLF), qui correspond au budget de l’État.

Pour le budget de 2026, il a été adopté mardi 16 décembre 2025 à 247 voix pour et 232 contre, puis validé par le Conseil constitutionnel le 30 décembre 2025.

Ce qui changera pour vous en 2026

Suspension de la réforme des retraites (jusqu’au 1er janvier 2028)

Le PLFSS 2026, définitivement adopté, acte une mise en pause de la réforme des retraites sur deux points : la hausse de l’âge légal et l’accélération de l’allongement de la durée d’assurance. Cette suspension est prévue jusqu’au 1er janvier 2028.

Point important : les nouvelles règles liées à cette suspension s’appliquent aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, ce qui veut dire que tout le monde ne verra pas un impact dès le 1er janvier.

Dans les faits, cela redonne de l’air à certaines générations. Par exemple, la génération 1964 (et une partie des personnes nées début 1965) pourrait partir plus tôt que ce qui était prévu par la montée progressive, avec un décalage qui se compte en mois et une durée d’assurance exigée légèrement revue pour certaines dates.

Important
La suspension concerne les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et elle est prévue jusqu’au 1er janvier 2028.

Retraite des mères : ce qui a été voté, et ce qui dépend encore des décrets d’application

On voit circuler l’idée d’un calcul de la pension sur 24 meilleures années pour les mères d’un enfant et sur 23 meilleures années à partir de deux enfants. L’objectif affiché est de mieux prendre en compte les interruptions de carrière et d’augmenter la retraite de certaines femmes.

Mais attention : ce mécanisme précis n’est pas intégré tel quel dans le PLFSS définitivement adopté ; il est renvoyé à une mise en œuvre par voie réglementaire (décrets), ce qui signifie que les modalités exactes (conditions, calendrier, publics concernés) doivent encore être précisées et ne sont pas garanties en l’état.

Carrières longues : un départ anticipé un peu facilité (à partir de septembre 2026)

La logique “carrière longue” est également concernée, surtout parce que le gel de l’âge légal peut avancer certains curseurs. Le texte prévoit aussi que, si vous souhaitez ouvrir votre droit à la retraite anticipée carrière longue, on puisse tenir compte de certaines majorations de durée d’assurance liées à vos enfants, dans la limite de deux trimestres. Là encore, l’idée est de ne pas pénaliser les personnes ayant eu des enfants dans l’accès à un départ anticipé, mais les conditions précises restent subordonnées à la publication des textes d’application.

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Nouveau congé de naissance : jusqu’à 2 mois par parent

Prévu pour les enfants nés/adoptés à partir du 1er janvier 2026, mais accessible à partir du 1er juillet 2026 (mise en œuvre annoncée par le gouvernement), un congé supplémentaire de naissance est créé, en plus des congés déjà existants (maternité, paternité, adoption). Prévu par le PLFSS 2026 définitivement adopté, il permet d’aller jusqu’à deux mois par parent, avec une prise possible en même temps ou successivement entre les deux parents, et la possibilité d’un fractionnement (par exemple en deux périodes). Le dispositif est également prévu pour l’adoption.

Pour l’indemnisation, le texte renvoie à des décrets : des niveaux de prise en charge ont été évoqués (notamment 70 % puis 60 % du salaire net selon les mois), mais ces montants ne sont pas actés dans la loi. Ce sont bien les textes d’application qui fixeront définitivement les niveaux d’indemnisation et les conditions.

Allocations familiales : majoration à 18 ans (au lieu de 14 ans)

Le PLFSS 2026 modifie le calendrier de la majoration des allocations familiales, qui n’interviendra plus à partir de 14 ans, mais à partir de 18 ans.

Jusqu’à présent, le montant des allocations familiales était automatiquement majoré lorsque l’enfant atteignait 14 ans. Désormais, cette majoration est repoussée à la majorité, ce qui retarde l’augmentation du montant versé pour les familles concernées.

Cette mesure vise à réaliser des économies budgétaires, en concentrant davantage les aides sur les jeunes adultes. Des règles transitoires sont prévues afin d’éviter un effet brutal pour certaines familles dont les enfants atteignent un âge charnière en 2026.

Arrêts de travail : une durée maximale, avec possibilité de dérogation

Le PLFSS 2026 définitivement adopté encadre davantage les arrêts maladie en fixant une limite de durée : 30 jours maximum pour une première prescription, puis deux mois maximum en cas de renouvellement.

Dans certains cas, le plafond de la première prescription peut différer selon le prescripteur (médecin de ville ou établissement hospitalier). L’objectif affiché est de mieux maîtriser la dépense tout en évitant les arrêts très longs par défaut.

Ce plafonnement n’est toutefois pas complètement rigide : des dérogations médicalement justifiées restent possibles, à condition qu’une justification figure sur la prescription.

Complémentaires santé : taxe exceptionnelle et encadrement

Le PLFSS 2026 définitivement adopté instaure une contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les complémentaires santé, pour un rendement attendu d’environ 1 milliard d’euros.

Un point sensible concerne le risque que les complémentaires augmentent les cotisations pour compenser cette taxe. Pour l’année 2026, la loi prévoit explicitement que les cotisations ne peuvent pas être relevées par rapport à leur niveau de 2025 au titre de cette contribution. Un dispositif de négociation avec le secteur doit en outre être engagé avant le 31 mars 2026, afin de limiter toute répercussion indirecte sur les assurés.

Cela n’empêche pas que, sur le marché, des hausses de tarifs puissent être annoncées pour d’autres raisons (évolution des dépenses de santé, tendances structurelles), mais l’intention du législateur est bien de neutraliser l’impact direct de cette taxe en 2026 pour les assurés.

Revenus du capital : hausse de la CSG sur certains gains

Autre mesure notable, moins visible au quotidien mais importante pour les personnes concernées : le PLFSS 2026 prévoit une hausse de la CSG sur certains revenus du capital, notamment les dividendes et certains gains de cession d’actions.

Concrètement, le taux de CSG passe de 9,2 % à 10,6 %, soit une hausse de 1,4 point, pour une partie des revenus concernés, avec une affectation annoncée à la branche autonomie. Certains produits restent toutefois soumis au taux de 9,2 %, selon leur nature et leur régime fiscal.

Pour rappel, la CSG est une somme prélevée automatiquement sur vos revenus pour financer la Sécurité sociale et les aides publiques. Si vous percevez des revenus du capital concernés par cette hausse, vous serez donc davantage prélevé et l’argent servira notamment à financer l’aide aux personnes âgées et handicapées.

Ce qui ne changera pas en 2026

Pas de gel des pensions de retraite et des minima sociaux

Le PLFSS 2026 définitivement adopté ne met finalement pas en place de gel général des pensions de retraite de base ni des minima sociaux. L’orientation retenue est de rester sur des revalorisations suivant les règles habituelles, notamment via l’inflation, plutôt que de figer les montants.

Apprentis : exonération de cotisations maintenue

La suppression de l’exonération de cotisations salariales pour les apprentis n’a pas été retenue. Concrètement, l’exonération reste en place, et si vous êtes apprenti(e), votre rémunération nette ne baisse pas du fait de cette mesure.

Pas de cotisation patronale sur les tickets-restaurant

L’idée d’une cotisation patronale sur certains avantages (dont les titres-restaurant) n’a pas abouti. Cela évite un risque de diminution d’intérêt du dispositif ou de compensations côté employeur qui auraient pu se traduire, à terme, par un moindre gain de pouvoir d’achat.

Pas de doublement des franchises médicales

Enfin, le doublement des franchises médicales sur les médicaments n’est pas mis en place dans le cadre du PLFSS 2026. Les règles de franchise restent donc inchangées sur ce point.

En résumé :
  • Le PLFSS 2026 a été adopté définitivement le 16 décembre 2025 (247 pour, 232 contre).
  • La réforme des retraites est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028, avec un effet à compter du 1er septembre 2026 pour les pensions concernées.
  • Un congé supplémentaire de naissance (jusqu’à 2 mois par parent) est créé à partir du 1er janvier 2026, avec des modalités d’indemnisation précisées par décrets.
  • Les arrêts de travail sont plafonnés (1 mois initial, 2 mois en renouvellement), avec dérogations possibles.
  • Sont écartés : gel des pensions/minima, fin d’exonération apprentis, cotisation patronale sur tickets-restaurant, doublement des franchises médicales.
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Marlyse Perramant
Rédactrice chez Mes Allocs depuis novembre 2025, j’écris sur les aides sociales au sens large : logement, famille, santé, emploi, études… Mon objectif est de rendre les dispositifs plus compréhensibles grâce à des explications claires, des critères d’éligibilité détaillés et des démarches pas-à-pas. Je m’appuie sur des sources officielles et veille à la mise à jour des informations. J’ai également travaillé pour plusieurs médias, dont Radio U, Ouest-France et TGB.