Le gouvernement relance son idée de créer une allocation sociale unique. Déjà évoquée sous Michel Barnier ou François Bayrou, c’est désormais Sébastien Lecornu qui remet le dossier sur la table. Le projet de loi sera présenté au mois de décembre 2025 et vous pourriez très bien être concerné si vous percevez actuellement le RSA, la prime d’activité ou encore certaines aides au logement. Décryptage.
Cette allocation sociale unique regrouperait plusieurs aides à la fois. Par exemple, si vous percevez aujourd’hui le RSA, la prime d’activité et une aide au logement comme les APL, vous recevez trois paiements différents. Mais avec ce projet de loi, ces trois aides pourraient être regroupées en une seule et former une “allocation sociale unique”.
Ce sont donc le RSA, la prime d’activité et certaines aides au logement qui sont actuellement dans le viseur pour être regroupés en une allocation sociale unique.
C’est pour l’instant très flou. On ne sait pas vraiment comment ces aides seraient réunies, encore moins quels montants vous seraient versés. De plus, le gouvernement veut diminuer le plus possible les erreurs de calcul, les dossiers perdus, et surtout faire en sorte que le moins de personnes possible passent à côté de leurs droits.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 14 novembre 2025 que le texte serait déposé au Conseil des ministres en décembre 2025. L’ancien ministre des Armées l’a annoncé lors des Assises des Départements de France, à Albi. L’exécutif veut avancer rapidement sur l’allocation sociale unique, après plusieurs discussions déjà dans le passé sans aboutir.
Le gouvernement estime que ce n’est plus gérable d’avoir autant d’aides différentes, avec chacune ses propres règles et ses propres modalités. Selon Sébastien Lecornu, « à l’heure du data, du numérique et de l’IA », il devient « invraisemblable » de ne pas pouvoir regrouper les prestations sociales. Le Premier ministre souhaite également créer un « vrai social.gouv.fr », pour faciliter le travail des départements et des travailleurs sociaux pour accompagner au mieux les bénéficiaires.
La création d’une allocation sociale unique, c’est dans les petits papiers de la droite depuis déjà pas mal de temps. Le chef de file des députés LR Laurent Wauquiez défend depuis plusieurs années la création d’une allocation sociale unique, qu’il souhaite plafonner à 70 % du SMIC pour lutter contre « l’assistanat ». Le gouvernement est en revanche très clair sur un point : les économies générées par la création de cette allocation sociale unique ne porteraient pas sur les bénéficiaires, mais sur les coûts de gestion.
Promise depuis 2018 par Emmanuel Macron, cette réforme veut avant tout simplifier votre quotidien. Un trop grand nombre d’allocataires se perdent dans toutes les démarches à faire pour obtenir leurs droits. Cette allocation sociale unique pourrait offrir :
Une mission parlementaire à l’été 2025 sur ce sujet estime que ce type de réforme pourrait réduire le taux de pauvreté de 0,6 à 1,1 point.
Les associations de lutte contre la pauvreté ne crient pas victoire trop tôt, bien au contraire. En effet, elles craignent que les nouveaux barèmes avec la création d’une allocation sociale unique pénalisent certains ménages (les familles monoparentales, les salariés à faible revenus etc…).
Un rapport de France Stratégie, publié en 2018, évoquait déjà ce risque. Selon cet organisme rattaché à Matignon, une fusion de plusieurs prestations sociales pourrait entraîner, à budget constant, une baisse de ressources pour 3,55 millions de ménages.
Pour l’instant, nous savons simplement que le dépôt du projet de loi sur la création d’une allocation sociale unique en Conseil des ministres aura lieu en décembre 2025.
On peut imaginer ensuite, un examen de ce texte à l’Assemblée nationale et au Sénat début 2026. Si elle est adoptée, l’allocation sociale unique pourrait être testée dans certains départements avant une entrée progressive en 2027.