Après plusieurs jours d’instabilité politique en France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a finalement présenté le 14 octobre 2025 la première version du budget 2026 et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026). Parmi les mesures que contient ce dernier, la limitation des arrêts maladies à 15 jours pour les prescriptions en ville, et de 30 à l’hôpital. Les professionnels de santé ne verraient pas d’un très bon œil cette nouvelle idée de l’exécutif, alors que le déficit de la Sécurité sociale ne cesse d’augmenter années après années. Alors info ou intox ? Voici ce que prévoit réellement le gouvernement Lecornu II.
Le PLFSS crée un plafond pour le premier arrêt de travail. En ville, il est de maximum 15 jours pour l’arrêt initial, maximum 30 jours à l’hôpital. Jusqu’ici, aucune limite n’existait. Les médecins se réferaient aux fiches repères de la HAS, avec des durées indiquées selon la pathologie. À noter que le motif de l’arrêt maladie devra figurer sur l’avis transmis à l’Assurance maladie, pour faciliter les contrôles. L’examen de reprise obligatoire après un congé maternité sera quant à lui supprimé. Aujourd’hui, la visite avec le médecin du travail sous 8 jours retarde parfois la reprise. Le gouvernement souhaite donc éviter les prolongations des arrêts pour des motifs administratifs.
Le gouvernement souhaite également supprimer le régime des ALD (affections longue durée) “non exonérantes”. Aujourd’hui existent les ALD exonérantes et non exonérantes. Le premier régime est pris en charge au maximum remboursable, tandis que le second régime est déplafonné des indemnités journalières mais reste à charge. En 2023, leur coût est évalué à 3,17 milliards d’euros. Le nombre d’ALD non exonérantes augmente d’environ 6,4 %, contre 0,9 % pour les exonérantes.
Il s’élevait à 15 milliards d’euros en 2024, il est monté à… 23 milliards d’euros en 2025 ! Une hausse inquiétante, l’État doit à tout prix contrer cette trajectoire aggravante. L’objectif pour 2026 est de redescendre cet excédent à environ 17 milliards d’euros. L’Assurance maladie a dépensé environ 255 milliards d’euros en 2024, dont 11,3 pour les indemnités journalières des salariés du privé et des contractuels.
La dépense d’indemnités journalières ne fait qu’augmenter. + 6 % par an entre 2019 et 2023, contre une hausse de 3 points sur la période 2010-2019. Concernant la répartition, environ 60 % de la hausse tiendrait à des facteurs économiques et démographiques, comme le vieillissement de la population active ou la hausse des salaires. 40 % proviendrait à la hausse du taux de recours (34 %) et à un allongement des durées (5%), cause encore à préciser.
En plafonnant la durée des arrêts maladie, le gouvernement espère ainsi stabiliser la trajectoire budgétaire de la Sécurité sociale.
De leur côté, les syndicalistes et médecins généralistes alertent sur :