Aider son enfant à payer son loyer, donner un coup de pouce à un ami, envoyer un peu d’argent à un frère … Ces gestes du quotidien semblent anodins. Mais à partir du 1er janvier 2026, ces virements seront beaucoup plus surveillés, car ils peuvent être considérés comme des dons, et donc soumis à certaines règles fiscales. On vous explique ce qui change pour les virements entre proches en 2026.
Le gouvernement a adopté le décret n° 2025-1082 du 17 novembre 2025 qui impose une nouveauté importante : tout don manuel devra être déclaré en ligne.
Un don manuel, c’est tout simplement un cadeau, qu’il soit fait en argent (virement, chèque, espèces) ou sous forme d’objet (bijou, voiture, œuvre d’art…).
Avant, on pouvait remplir un formulaire papier. En 2026, la déclaration se fera obligatoirement sur impots.gouv.fr, sauf cas très particuliers.
L’objectif est double :
Parce que les banques et l’administration fiscale modernisent leur façon d’analyser les mouvements d’argent.
Premièrement, les banques vérifient davantage les virements. Depuis fin 2025, elles doivent vérifier que :
Souvenez-vous, cette nouveauté avait beaucoup fait parler et de fausses informations circulaient sur le blocage des virements d’un montant de 800 euros.
De son côté, Bercy veut mieux identifier les dons non déclarés. Le fisc ne cherche pas à empêcher les virements, mais à vérifier qu’un virement important n’est pas un don déguisé et que les règles fiscales sont bien respectées.
En clair : les virements familiaux ne deviennent pas illégaux, mais ils deviennent plus encadrés.
Pour faire simple, si vous envoyez de l’argent sans contrepartie, c’est un don. Cela inclut : un virement pour aider un enfant, un apport pour acheter un logement, un cadeau d’argent à l’occasion d’un événement, un virement important à un proche « pour l’aider ». Ainsi, même si aucun impôt n’est dû, le don doit être déclaré.
A noter que certains dons bénéficient d’avantages fiscaux. Il existe en effet plusieurs cas où donner de l’argent peut être fait sans impôts, à condition de déclarer :
La déclaration permet de profiter de ces avantages. Sans déclaration, ils sont perdus.
Même si les règles évoluent en 2026, beaucoup de situations du quotidien restent inchangées. L’objectif du fisc n’est pas de compliquer la vie des familles, mais de mieux encadrer les véritables dons.
Partager un plein d’essence, rembourser un restaurant, avancer des frais puis les récupérer : cela n’est pas considéré comme un don. Aucun risque, aucune déclaration.
Anniversaire, diplôme, mariage, Noël… Tant que le cadeau est proportionné au niveau de vie de la personne qui offre, il n’est pas considéré comme un don taxable.
Il n’existe ni seuil magique ni montant qui « alerte » immédiatement. Ce qui compte, c’est le contexte.
Le fisc ne cherche pas à bloquer l’entraide familiale. Il veut simplement que les sommes qui relèvent réellement d’un don soient déclarées.
Les banques et le fisc observeront surtout trois éléments :
À partir de 2026, la déclaration se fait en ligne :
La déclaration doit être faite par la personne qui reçoit l’argent, pas par celle qui donne.
Plus que l’amende, le principal risque est … plus tard.
En cas de contrôle, le fisc peut : requalifier un virement en don, demander les impôts non payés depuis des années, ajouter pénalités et intérêts.
En cas d’héritage, un don non déclaré peut provoquer : un redressement, des conflits familiaux, une réévaluation des parts de chacun.