Dans le cadre du budget 2025 voté en février dernier, le gouvernement français avait annoncé un durcissement du malus écologique, une taxe appliquée aux véhicules les plus polluants. Cette mesure visait à réduire les émissions de CO2 en incitant les consommateurs à se tourner vers des modèles moins polluants, notamment hybrides et électriques. Mais en 2026, le malus écologique va encore changer et toucher cette fois les véhicules d’occasion. On vous explique.
Le malus écologique est une taxe appliquée à l’achat d’un véhicule neuf en fonction de ses émissions de CO2. Plus un véhicule émet de dioxyde de carbone par kilomètre, plus son propriétaire devra s’acquitter d’un montant élevé lors de l’immatriculation. Il va désormais s’appliquer à certains véhicules d’occasion à partir de 2026. Le malus est complémentaire à d’autres dispositifs, comme le bonus écologique, qui offre des aides à l’achat de véhicules électriques ou hybrides.
Deux types de malus existent : le malus CO2 (calculé selon les émissions de dioxyde de carbone du véhicule) et le malus au poids (appliqué aux modèles les plus lourds).
En 2025, le malus écologique s’applique pour :
La taxe est exigible à la première immatriculation en France, quelle que soit la date d’achat du véhicule.La taxe est payée au moment de la délivrance du certificat d’immatriculation (la carte grise).
Pour l’instant, le malus écologique s’applique uniquement aux véhicules neufs immatriculés pour la première fois en France, ainsi qu’à certains véhicules d’occasion importés de l’étranger. Mais en 2026, les choses vont changer : les véhicules d’occasion déjà immatriculés en France, qui n’étaient jusqu’ici pas concernés sauf cas très rares (un véhicule utilitaire qui se transforme en véhicule de tourisme par exemple), pourront être concernés par cette taxe.
Le malus écologique ne s’applique pas pour :
C’est une réforme qui va faire beaucoup parler d’elle. À partir du 1er janvier 2026, certains véhicules d’occasions pourront être soumis, eux aussi, au malus écologique. En réalité, la mesure sera assez limitée et va concerner seulement une petite partie des voitures vendues. À partir de 2026, le malus écologique va donc s’élargir à certains véhicules d’occasion déjà immatriculés en France. Elle découle du projet de loi de finances 2025 votée en février dernier, qui a modifié l’article L421-36 du Code des impositions sur les biens et services.
La taxe s’appliquera uniquement à un type précis de véhicules. Ce sont ceux, qui lors de leur première immatriculation, ont été exonérés de malus pour des raisons liées au profil du premier propriétaire de la voiture :
Plus la voiture est ancienne, plus la décote est importante. Autrement dit, le malus à payer diminue avec les années.
| Ancienneté du véhicule | Coefficient forfaitaire de décote |
| De 1 à 3 mois | 3 % |
| De 4 à 6 mois | 6 % |
| De 7 à 9 mois | 9 % |
| De 10 à 12 mois | 12 % |
| De 13 à 18 mois | 16 % |
| De 19 à 24 mois | 20 % |
| De 25 à 36 mois | 28 % |
| De 37 à 48 mois | 33 % |
| De 49 à 60 mois | 38 % |
| De 61 à 72 mois | 43 % |
| De 73 à 84 mois | 48 % |
| De 85 à 96 mois | 53 % |
| De 97 à 108 mois | 58 % |
| De 109 à 120 mois | 64 % |
| De 121 à 132 mois | 70 % |
| De 133 à 144 mois | 76 % |
| De 145 à 156 mois | 82 % |
| De 157 à 168 mois | 88 % |
| De 169 à 180 mois | 94 % |
| À partir de 181 mois | 100 % |
Ce deuxième facteur prend en compte le nombre de kilomètres parcourus. Plus la voiture a roulé, plus le malus est encore réduit.
| Distance moyenne annuelle parcourue | Coefficient d'usage |
| Jusqu'à 20 000 km | 0 % |
| De 20 001 km jusqu’à 25 000 km | 1 % |
| De 25 001 km jusqu’à 30 000 km | 1,5 % |
| De 30 001 km jusqu’à 35 000 km | 2 % |
| De 35 001 km jusqu’à 40 000 km | 2,5 % |
| De 40 001 km jusqu’à 45 000 km | 3 % |
| À partir de 45 001 km | 3,5 % |
Comme dit précédemment, cette nouvelle taxe sur certains véhicules d’occasion devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2026. Mais son application pourrait finalement être repoussée d’un an. En effet, le budget 2026 qui commence à peine à être débattu à l’Assemblée nationale, prévoit un décalage de l’application au 1er janvier 2027. L’administration fiscale souhaite se laisser davantage de temps pour mieux mettre en place le dispositif.
Le seuil de déclenchement du malus a été abaissé depuis le 1er mars 2025 à 113 grammes de CO2 par kilomètre (contre 118 auparavant). Davantage de véhicules sont donc concernés par cette taxe. Dès l’immatriculation, les propriétaires paient un supplément qui varie selon le niveau d’émissions.
Depuis mars 2025, le malus écologique suit une trajectoire de durcissement progressive. Le seuil de déclenchement est désormais fixé à 113 g de CO₂ par kilomètre, pour un montant minimum de 50 €. Chaque année, ce seuil va continuer de baisser afin d’intégrer davantage de véhicules à la taxe.
En 2026, il passera à 108 g/km, puis à 103 g/km en 2027, et enfin à 98 g/km en 2028. Dans le même temps, le plafond maximal du malus augmentera régulièrement : 70 000 € en 2025, 80 000 € en 2026, 90 000 € en 2027 et jusqu’à 100 000 € en 2028. Ces montants s’appliqueront aux véhicules les plus polluants, c’est-à-dire ceux dépassant environ 187 g de CO₂ par kilomètre en 2028.
En parallèle, le malus au poids sera également renforcé. Le seuil, fixé à 1,6 tonne en 2025 passera à 1,5 tonne en 2026. La taxe ira de 10 € par kilo supplémentaire pour les véhicules légèrement au-dessus du seuil, jusqu’à 30 € par kilo pour les modèles dépassant 2 tonnes.