Si la grève du 10 septembre avait marqué un premier coup d’éclat, celle du 18 septembre vise à amplifier le mouvement. Les syndicats dénoncent des mesures budgétaires qu’ils qualifient de « brutales », notamment le gel des salaires dans la fonction publique, la désindexation des pensions, le manque de moyens pour l’hôpital et l’école, ainsi qu’un désengagement plus large des services publics.
La mobilisation s’annonce interprofessionnelle. Elle devrait toucher à la fois les transports ferroviaires, les réseaux urbains comme la RATP, le secteur aérien, mais aussi l’éducation nationale, les pharmacies, les kinésithérapeutes, les hôpitaux, sans oublier le secteur stratégique de l’énergie. Dans de nombreuses villes, les services publics territoriaux sont également appelés à rejoindre le mouvement. C’est donc une journée qui s’annonce particulièrement compliquée pour les usagers, avec des prévisions de perturbations bien plus larges que celles du 10 septembre.
La journée du 10 septembre avait été portée par le mouvement citoyen « Bloquons Tout ». Elle avait rassemblé, selon le ministère de l’Intérieur, environ 175 000 personnes, et près de 250 000 d’après la CGT. Plus de 800 actions avaient eu lieu : blocages d’axes routiers, manifestations massives dans de nombreuses villes, fermetures de lycées ou ralentissements dans les transports. Si cette première mobilisation n’a pas obtenu de réponse immédiate du gouvernement, elle a montré la détermination des syndicats et des citoyens. Le 18 septembre s’inscrit ainsi dans la continuité, avec la volonté de peser davantage dans le débat politique.
La grève SNCF s’annonce particulièrement suivie. Les syndicats de cheminots ont déposé un préavis national qui devrait fortement réduire la circulation des TGV, Intercités, TER et Transilien. Vous devrez consulter les horaires mis en ligne la veille pour organiser vos trajets.
En Île-de-France, la RATP prévoit une journée noire avec des lignes de métro partiellement fermées et des bus circulant au ralenti. Côté VTC, même si la mobilisation est plus difficile à mesurer, plusieurs collectifs ont déjà annoncé leur intention de participer, ce qui pourrait compliquer encore davantage les déplacements dans les grandes villes.
Si certains syndicats de contrôleurs aériens ont choisi de reporter leurs préavis, le trafic reste menacé. Des retards et annulations de vols sont attendus, notamment dans les aéroports régionaux, et les compagnies invitent déjà leurs passagers à vérifier régulièrement les informations de vol.
Les professeurs et personnels éducatifs sont appelés à faire grève. Beaucoup dénoncent des conditions de travail qui se dégradent et des classes surchargées, sans perspectives de revalorisation salariale. Le 18 septembre, de nombreuses écoles, collèges et lycées risquent donc de fermer leurs portes ou de fonctionner au ralenti.
Les pharmaciens, à travers leurs organisations syndicales, annoncent la fermeture de nombreuses officines. Les kinésithérapeutes devraient également rejoindre le mouvement pour réclamer la revalorisation de leurs actes. Dans les hôpitaux et EHPAD, la grève concernera en priorité les activités non urgentes, mais des tensions sont à prévoir dans les services d’urgence déjà sous pression.
Enfin, le secteur de l’énergie sera lui aussi mobilisé. Dans certaines centrales nucléaires et sites de stockage de gaz, des actions symboliques ou de ralentissement de l’activité sont annoncées. Même si des coupures massives ne sont pas à prévoir, les syndicats n’excluent pas des perturbations ponctuelles pour marquer le coup.
D’autres dates sont déjà en discussion, notamment dans les transports et la fonction publique hospitalière. Plusieurs syndicats envisagent un calendrier de mobilisation étalé sur l’automne si le gouvernement ne revient pas sur son projet. Le mois d’octobre pourrait donc être marqué par de nouvelles journées de grève, voire par des mouvements reconductibles.
Même si les perturbations sont inévitables, certaines précautions permettent de mieux traverser cette journée noire.