Arrêt maladie intérimaire : indemnités, carence et démarches

Tomber malade pendant une mission peut vite devenir source d’inquiétude : qui prévenir, qui vous paie et que devient votre contrat ? En cas d’arrêt maladie en intérim, vos droits dépendent notamment de vos heures travaillées, de la durée de l’arrêt et de votre situation au moment de la prescription. Voici les règles applicables en 2026. Retrouvez également notre guide des aides liées à la santé pour connaître les dispositifs qui peuvent vous accompagner.
Que se passe-t-il quand un intérimaire est en arrêt maladie ?
Le contrat est-il suspendu ?
Oui, lorsque vous êtes malade pendant une mission d’intérim, votre contrat de mission est suspendu pendant votre arrêt. Vous ne travaillez plus temporairement et l’agence d’intérim ne vous verse donc pas votre salaire habituel pour les jours non travaillés.
Votre employeur reste l’entreprise de travail temporaire, c’est-à-dire votre agence d’intérim, et non l’entreprise dans laquelle vous réalisez votre mission. C’est donc principalement auprès de votre agence que vous devez effectuer vos démarches liées à l’arrêt.
Des indemnités journalières vous sont-elles versées ?
Oui, vous pouvez recevoir des indemnités journalières de la CPAM si vous remplissez les conditions d’ouverture des droits. Selon votre ancienneté dans l’intérim, Intérimaires Prévoyance peut également compléter cette indemnisation.
Les démarches à effectuer en cas d’arrêt maladie en intérim
Qui faut-il prévenir en cas d’arrêt maladie en intérim ?
Nous vous conseillons de prévenir votre agence d’intérim dès que possible, puis de lui transmettre votre arrêt dans le délai prévu. Vous pouvez également prévenir l’entreprise utilisatrice de votre absence afin qu’elle puisse s’organiser, mais votre justificatif destiné à l’employeur doit être adressé à l’agence.
- Prévenez votre agence d’intérim de votre absence.
- Transmettez votre arrêt de travail dans un délai maximal de 48 heures.
- Informez l’entreprise utilisatrice de votre absence selon les modalités prévues sur votre lieu de mission.
Vous n’avez pas à communiquer votre diagnostic à votre agence ou à l’entreprise utilisatrice. Le motif médical reste couvert par le secret médical.
Que faut-il envoyer à l’agence d’intérim ?
Vous devez transmettre à votre agence le volet 3 de votre avis d’arrêt de travail dans les 48 heures. Si votre médecin a télétransmis votre arrêt à l’Assurance Maladie, c’est normalement le seul volet papier qu’il vous remet.
Si votre arrêt intervient pendant une mission, l’agence doit également déclarer l’arrêt à Intérimaires Prévoyance lorsqu’il peut être pris en charge. Elle transmet par ailleurs à la CPAM les informations de salaire nécessaires au calcul de vos indemnités journalières.
Que faut-il transmettre à la CPAM ?
Si votre médecin a télétransmis les volets 1 et 2, vous n’avez rien à envoyer vous-même à la CPAM pour déclarer l’arrêt. Vous devez seulement transmettre le volet 3 à votre agence.
Si l’arrêt est établi sur papier, vous devez envoyer les volets 1 et 2 à votre CPAM sous 48 heures. Depuis le 1er juillet 2025, les arrêts papier doivent être établis sur le formulaire Cerfa sécurisé. Les scans, photocopies et anciens formulaires papier ne sont pas acceptés par l’Assurance Maladie.
Comment toucher des indemnités journalières quand on est intérimaire ?
Un intérimaire peut percevoir les indemnités journalières maladie de l’Assurance Maladie. Le fait d’avoir un contrat temporaire ne vous prive pas des IJ. En revanche, vous devez avoir suffisamment travaillé ou cotisé avant votre arrêt.
Quelles conditions faut-il remplir pour un arrêt de moins de 6 mois ?
Pour un arrêt de moins de 6 mois, la règle générale prévoit notamment 150 heures de travail pendant les 3 mois ou 90 jours précédant l’arrêt, ou une rémunération soumise à cotisations atteignant au moins 1 015 fois le Smic horaire au cours des 6 mois précédents.
Avec le Smic horaire brut fixé à 12,31 € depuis le 1er juin 2026, 1 015 Smic représentent par exemple 12 494,65 € pour une période de référence utilisant ce montant.
Les intérimaires peuvent toutefois avoir une activité considérée comme discontinue. Si vous ne remplissez pas les conditions du cas général, la CPAM peut examiner vos droits sur une période plus longue.
- Avoir travaillé au moins 600 heures pendant les 12 mois ou 365 jours précédant l’arrêt.
- Ou avoir cotisé sur une rémunération atteignant au moins 2 030 fois le Smic horaire pendant cette période, soit 24 989,30 € avec un Smic horaire de 12,31 €.
Quelles conditions faut-il remplir pour un arrêt de plus de 6 mois ?
Pour un arrêt qui se prolonge au-delà de 6 mois, d’autres conditions s’ajoutent, notamment une affiliation à l’Assurance Maladie depuis au moins 12 mois.
Combien de jours de carence s’appliquent ?
En cas de maladie ordinaire, 3 jours de carence s’appliquent normalement. Les indemnités journalières de la CPAM commencent donc à partir du 4e jour d’arrêt.
Combien touche-t-on pendant un arrêt maladie en intérim ?
Comment la CPAM calcule-t-elle les indemnités journalières ?
Les IJ maladie correspondent à 50 % de votre salaire journalier de base. Pour une activité salariée continue, ce salaire journalier est généralement obtenu à partir des 3 derniers salaires bruts précédant l’arrêt, divisés par 91,25.
Lorsque votre activité est discontinue, ce qui peut être le cas lorsque vous alternez missions et périodes sans contrat, la CPAM peut calculer votre salaire journalier sur les rémunérations des 12 mois précédant votre cessation d’activité, divisées par 365.
Depuis le 1er juillet 2026, le salaire utilisé pour le calcul est plafonné à 2 613,83 € bruts par mois, soit 1,4 Smic mensuel. L’indemnité maladie ne peut donc pas dépasser 42,97 € bruts par jour pour les arrêts concernés.
Quand Intérimaires Prévoyance complète-t-elle les IJ ?
La CPAM n’est pas toujours votre seule indemnisation. Pour une maladie ou un accident de la vie privée, Intérimaires Prévoyance peut verser un complément si vous remplissez les conditions prévues par le régime de la branche du travail temporaire.
Pour la garantie maladie, vous devez notamment avoir effectué plus de 414 heures de travail dans l’intérim au cours des 12 derniers mois et avoir cotisé à la garantie incapacité de travail vie privée. Les heures peuvent avoir été réalisées auprès de plusieurs entreprises de travail temporaire.
La garantie devient applicable selon les règles du régime à compter de la période suivant le franchissement du seuil des 414 heures. Intérimaires Prévoyance vérifie votre ancienneté au moment de l’arrêt.
Que se passe-t-il si la mission se termine pendant l’arrêt maladie ?
La fin prévue de votre mission n’est normalement pas repoussée parce que vous êtes malade. Si votre contrat devait se terminer le 20 septembre et que votre arrêt court du 15 au 30 septembre, la mission peut donc s’achever le 20 septembre comme prévu.
En revanche, vos IJ de la CPAM ne s’arrêtent pas nécessairement avec la mission. Si votre arrêt continue et que vous remplissez les conditions, l’Assurance Maladie poursuit son indemnisation.
Intérimaires Prévoyance peut également poursuivre son complément après la date de fin de mission. Pour une maladie de la vie privée, l’arrêt doit notamment durer plus de 10 jours continus pour que l’indemnisation se poursuive au-delà de la mission, sous réserve des autres conditions du régime.
Peut-on être indemnisé si l’arrêt commence entre deux missions ?
Oui, dans certaines situations. Le fait que votre arrêt commence hors mission ne supprime pas automatiquement vos droits à l’Assurance Maladie. Si vous êtes sans emploi, des IJ peuvent notamment être possibles si vous percevez l’allocation chômage, si vous l’avez perçue au cours des 12 derniers mois ou si vous avez cessé votre activité salariée depuis moins de 12 mois.
Dans cette situation, les IJ sont calculées à partir de vos anciens salaires, et non à partir du montant de votre allocation France Travail. Pour une activité discontinue, la CPAM peut vous demander les bulletins correspondant à une période pouvant aller jusqu’aux 12 mois précédant votre cessation d’activité.
Que se passe-t-il avec France Travail pendant l’arrêt ?
Si vous êtes inscrit à France Travail lorsque votre médecin vous arrête, vous devez déclarer votre arrêt maladie, y compris lorsqu’il n’est finalement pas indemnisé par l’Assurance Maladie.
Vous devez indiquer les dates de début et de fin, puis déclarer toute prolongation. Le volet 3 de l’arrêt peut également vous être demandé. L’ARE est interrompue pendant la période correspondant à votre arrêt maladie et ne se cumule pas avec les IJ maladie. Les jours d’ARE qui ne vous sont pas versés en raison de la maladie ne sont pas perdus. Ils sont reportés et décalent d’autant la fin de vos droits.
Pour un arrêt d’au moins 15 jours, France Travail peut vous considérer comme non disponible pour rechercher un emploi. À la fin de l’arrêt, si votre inscription a cessé, vous devez vous réinscrire dans les 5 jours calendaires afin de reprendre votre indemnisation lorsque vous y avez encore droit.
Combien de temps un arrêt maladie peut-il être prescrit en 2026 ?
Depuis le 1er septembre 2026, de nouvelles limites s’appliquent à la durée indiquée sur une prescription d’arrêt maladie. Une première prescription ne peut en principe pas dépasser 31 jours.
Chaque prolongation est en principe limitée à 62 jours. Cela ne signifie pas qu’un arrêt maladie ne peut jamais durer plus longtemps. Si votre état le nécessite, plusieurs prolongations peuvent être prescrites et le professionnel de santé peut aussi déroger aux limites lorsqu’une durée supérieure est médicalement justifiée.
Comment se passe la reprise après un arrêt maladie en intérim ?
Si votre mission est toujours en cours à la fin de l’arrêt, vous devez en principe reprendre votre activité dès le jour suivant la fin de l’arrêt, sauf nouvelle prescription, prolongation ou décision médicale particulière.
Si la mission s’est terminée pendant votre arrêt, vous n’avez pas de poste à reprendre automatiquement dans l’entreprise utilisatrice. Vous pouvez en revanche recontacter votre agence d’intérim lorsque vous êtes de nouveau disponible afin de rechercher une nouvelle mission.
Pour les intérimaires, une visite médicale de reprise est notamment prévue après certains arrêts :
- Après une maladie ou un accident non professionnel ayant entraîné au moins 60 jours d’arrêt.
- Après un accident du travail ayant entraîné au moins 30 jours d’arrêt.
- Après une maladie professionnelle, quelle que soit la durée de l’arrêt, ainsi qu’après un congé maternité.
- Un arrêt maladie suspend la mission mais ne repousse pas automatiquement sa date de fin.
- Vous devez transmettre votre arrêt à votre agence et, si nécessaire, à la CPAM dans les 48 heures.
- Les IJ maladie correspondent à 50 % du salaire journalier de base et sont plafonnées à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts débutant à compter de juillet 2026.
- Le délai de carence est normalement de 3 jours.
- Intérimaires Prévoyance peut compléter les IJ, notamment si vous avez plus de 414 heures d’intérim et remplissez les conditions du régime.
- Depuis le 1er septembre 2026, une prescription initiale est en principe limitée à 31 jours et une prolongation à 62 jours, sauf exception justifiée.
Sources
- Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié – ameli.fr
- Arrêt maladie : les démarches du salarié – ameli.fr
- Arrêts de travail pour maladie : ce qui change au 1er septembre 2026 – ameli.fr
- Maladie et accident de la vie privée – interimairesprevoyance.fr
- Déclarer un arrêt maladie à France Travail – francetravail.fr
- Je suis en arrêt maladie – francetravail.fr
- Un travailleur temporaire est-il suivi par la médecine du travail ? – service-public.fr
- Quels sont vos droits en cas d’arrêt maladie en fin de mission d’intérim ? – fastt.org
Voir notre ligne éditoriale ici.
Comment faire quand on est malade en intérim ?
Quand vous êtes malade en intérim, consultez un professionnel de santé puis prévenez rapidement votre agence d'intérim. Vous avez normalement 48 heures pour transmettre le volet 3 à l'agence et, lorsque l'arrêt n'est pas télétransmis, les volets 1 et 2 à votre CPAM. Gardez une copie de vos documents.
Qui paie un intérimaire malade ?
Un intérimaire malade peut être payé par la CPAM sous forme d'indemnités journalières. Si les conditions du régime sont remplies, Intérimaires Prévoyance peut verser un complément. En 2026, les intérimaires non-cadres sont directement indemnisés par Intérimaires Prévoyance selon les modalités prévues par le régime.
Est-ce que je perd de l'argent en arrêt maladie ?
Oui, c'est possible. Les IJ de la CPAM correspondent à 50 % du salaire journalier de base et sont plafonnées. Trois jours de carence s'appliquent généralement. La prévoyance peut réduire la perte de revenus si vous remplissez ses conditions, mais elle ne garantit pas systématiquement le maintien intégral de votre rémunération.
Est-ce qu'un arrêt maladie rompt le contrat d'intérim ?
Non. Un arrêt maladie ne rompt pas à lui seul votre contrat d'intérim : il suspend son exécution. En revanche, il ne repousse normalement pas la date de fin prévue de la mission. Si le terme du contrat intervient pendant votre arrêt, la mission peut donc se terminer à cette date.
Est-ce qu'on est payé en arrêt maladie en intérim ?
Oui, sous conditions. Vous pouvez percevoir des indemnités journalières de l'Assurance Maladie à partir du 4e jour d'arrêt. Intérimaires Prévoyance peut compléter ces IJ si vous remplissez notamment les conditions d'heures et de couverture applicables. Le montant dépend donc de votre activité avant l'arrêt.
Est-on payé à 100% pendant un arrêt maladie ?
Pas automatiquement. La CPAM ne verse pas 100 % de votre salaire : l'IJ maladie représente 50 % du salaire journalier de base dans la limite du plafond applicable. Intérimaires Prévoyance peut ajouter un complément, mais l'ensemble des prestations reste plafonné selon les règles du régime.